‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 107 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. xxI · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. xxI

Arrivé à Bevagna, le Saint prononça un chaleureux discours sur l'amour de Dieu, et guérit une jeune fille aveugle en lui mettant trois fois de sa salive sur les paupières et en invoquant la sainte Trinité (1). Un grand nombre de pécheurs sortirent des voies de l’iniquité, et quelquesuns de ses auditeurs se joignirent à lui pour devenir à leur tour des apôtres de la pénitence et de la paix. Mais le champ de son zèle allait s'élargissant avec le succès. Il entendait des voix gémissantes, voix de l'Orient, voix de l'Occident, voix des chrétiens, voix des infidèles qui lui craient : « Viens à nous. » — «Viens à nous », répétaient plus douloureusement les populations du Levant, ces chrétientés naguère si florissantes et courbées à cette heure sous le joug avilissant du cimeterre. Comment résister à ces déchirants appels? François prit sur-lechamp deux résolutions en harmonie avec son génie aventureux : la première, de travailler personnellement, sans retard, à la délivrance de ces peuplades asservies; la seconde, d’attaquer de front la race conquérante, les Sarrasins, non la lance au poing comme les croisés, mais la croix à la main comme les apôtres. Il courut à Rome soumettre ses plans d'évangélisation à l'approbation du Saint-Siège. Innocent III, informé de l'état de la Congrégation naissante, de sa ferveur et de sa rapide extension, donna un plein assentiment à la réalisation

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