‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 111 sur 260 · TH, DE CELANO, Vita secunda, p. Il, c. LXI · texte numérisé non relu

TH, DE CELANO, Vita secunda, p. Il, c. LXI

sonnaient à toute volée. Toutes les affaires étaient suspendues, et toute une population retrouvait une heure d'allégresse, entre les maux de la veille et les soucis du lendemain. Et quel empressement autour du vénérable thaumaturge! Les uns touchaient le bord de sa robe, les autres lui baisaient les mains, tous s’estimaient heureux de le voir ou de l’entendre, excepté les hérétiques, qui se cachaient, n’osant résister en face ni à la force de ses arguments ni à l'éclat de ses miracles (1). N'était-ce pas une touchante image de l'entrée du Messie à Jérusalem ?

L'impulsion était partie de la Marche d’Ancône. Elle s’étendit bientôt à l’Ombrie et au delà, et l’on ne peut douter qu’Assise n'ait fait également, vers cette époque ou un peu plus tard, une réception triomphale au plus illustre de ses fils. Elle dut y mettre d'autant plus d'empressement qu'elle avait à cœur de lui faire oublier les outrages dont on l'avait abreuvé lors de sa rupture avec le monde.

Que faisait le serviteur de Dieu au milieu de ces ovations populaires et de ces acclamations enthousiastes? Il restait calme, impassible, sans faire aucun effort pour s’y soustraire. Un jour, son compagnon, surpris, presque scandalisé d’une attitude qui contrastait si vivement avec ses leçons sur l'humilité, ne put s'empécher de lui en faire la remarque. « Mon frère,

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