‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 114 sur 260 · BONAV., c. vi · texte numérisé non relu

BONAV., c. vi

aveugles volontaires qui les fermez à la lumière de l'Evangile! Comprenez que vous êtes le jouet de Satan, cet éternel ennemi de Dieu et des hommes! Vous vous imaginez posséder longtemps les biens éphémères de ce monde; et l'heure approche où vous en serez dépouillés, heure fatale, que vous ignorez, et à laquelle vous ne pensez pas! Voyez ce riche de la terre qui va mourir. Son épouse et ses enfants éplorés entourent son lit; et lui-même, violemment ému, leur lègue sa fortune avec ses derniers souvenirs. On fait venir un prêtre qui exige la restitution des richesses injustement acquises. — « Restituer! C'est impossible, s'écrie le moribond. Ce serait la ruine de ma famille! » — Cependant le malade s’affaisse; il perd l'usage de la parole, et ilexpire dans la haine de Dieu. Aussitôt les démons s'emparent de son âme pour la torturer, pendant que les vers rongent sa chair et que ses proches se disputent ses trésors, tout en maudissant sa mémoire. Et c'est ainsi que ce misérable, pour s'être laissé séduire par les vains appas du monde, aura perdu son corps et son âme pour l'éternité (1)!»

Ces deux épiîtres, répandues à profusion et accueillies avec avidité, franchirent les Alpes et allèrent au loin ranimer la piété des fidèles.

S'étant senti un peu mieux au retour du printemps, le vaillant apôtre revint au projet qu'il caressait toujours : la conversion des sec-

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