TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c
préoccupations beaucoup plus graves, causées par les événements du dehors. L'institution franciscaine traversait en ce moment une crise que toutes les œuvres saintes sont condamnées à subir à leur berceau. Plus elle était florissante et bénie des peuples, plus elle avait le don d’exciter la malveillance de certains esprits jaloux, surtout en Allemagne; déjà le vent de la persécution soufflait contre elle. D'ailleurs, il lui manquait une dernière consécration, l'approbation définitive et solennelle des souverains pontifes. Pour toutes ces raisons, François se rendit à Rome.
Les événements contemporains allaient donner du poids à sa démarche. C'était l'heure où le pape Innocent IIT ouvrait ce quatrième concile de Latran, qui devait si bien couronner son glorieux pontificat et contribuer si puissamment à l'extinction des hérésies, à la réformation des mœurs et au recouvrement de la Terre Sainte. |
Le 11 novembre 1215, la basilique de Saint- Jean de Latran renfermait dans ses murs la plus auguste assemblée de l'univers. On y voyait assis soixante-dix primats et métropolitains, quatre cent douze évêques, plus de huit cents abbés et prieurs, ainsi que les ambassadeurs des empereurs et des rois chrétiens, les députés du comte de Montfort, le comte de Toulouse et son fils(1). Au-dessus de tous bril-