‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 125 sur 260 · RES · texte numérisé non relu

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Le lendemain, 2 août, les sept évêques consacrèrent l’humble chapelle de Notre-Dame des Anges.

On vient de lire l'historique de la célèbre indulgence que les peuples vénèrent sous le nom de Grand Pardon d'Assise. Il ne sera pas inutile, par ces temps de scepticisme universel, de réfuter les dénégations de l'école rationaliste, de ces critiques à outrance, français ou allemands, qui proscrivent le surnaturel au nom de la science moderne. Ils ont imaginé de combattre la vérité de l’indulgence, en traitant de rêveries l'apparition qui en est la base.

Pour être bref, contentons-nous de poser un principe admis de tous, c’est que la concession de l'indulgence est un fait, avant d’être une grâce. Dès lors, comme tous les faits, elle se prouve par le témoignage. Or, ici, les voix ont assez de poids et sont assez nombreuses pour porter la conviction dans les esprits. C’est, en première ligne, le héros lui-même, seul capable de donner des détails précis sur l’apparition. Ce sont, en seconde ligne, les témoins oculaires -ou auriculaires, Masséo, Pierre de Catane, Bernard de Quintavalle et Ange de Riéti ; et après eux ceux de la génération suivante, le patricien Zelfano d'Assise, les Frères Marin, neveu de Masséo, Benoît et Rainier d’Arezzo, « dont plusieurs, dit Théobald, sont encore vivants (1) », <et au témoignage desquels il ne craint pas d’en

1. « Ex quibus plures hodie vivunt, qui hæc omnia protestantur. » (Acta S. S., 4 octobre, Analecta, p. III.)

appeler. Ce sont enfin les divers istoniens qui ont relaté le fait : Théobald, dont da circutaire est une réponse vengeresse aux perfides insinuations des incrédules du temps; Bartholi, lecteur au couvent de la Portioncule ; Conrad, successeur de Théobald sur le siège d'Assise ; Giunta Bevegnati, dans sa vie de samte Marguerite de Cortone (1), et 4e vénérable Jean de l’'Alverne, transcrivant une déposition dont la touche particulièrement attendrissante fera impression sur tout esprit impartial.

« L'an 1300, un vieillard plus que centenaire, des environs de Pérouse, et fervent Tertisuire, avait fait plus d’une lieue à pied pour se rendre à la Portioncule et gagner l'indulgence du 2 aoùt. Jean de l’Alwerne, son oonfesseur, me put s'empêcher de louer ke zèle du pèlerm dans un âge si avancé. — Mon Père, répondit ie vieillard, si mes jambes me refusaient leur service, je viendrais à dos de mulet plutôt qmede perdre le profit d’un si beau jour. — Et pourquoi ? — Parceque c'est un souvemr sACTÉ pour moi. J'étais présent lorsque saint François, se rendant à Pérouse, vint, seken sa coutume, nous &emander l'hospitalité. 11 nous dit qu'il allait prier le Pape de confirmer ld'indulgence qu'il avait obtenue d'en haut. Depuis œ temps-là, je n'ai pas manqué une seuke année de descendre ici au jour du Grand Pardon {2). »

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