M. PARIS, ann. 1228. — C£ ALBERT BE STADE
D'après une tradition immémoriale, consignée dans les principaux écrivains de l'Ordre, François, à son retour d'Egypte, visita Ptolémaïs, Antioche et Jérusalem. « Il parcourut la Terre Sainte, nous dit Ange Claréno, sans avoir à verser aucun tribut (1). » Selon Mariano de Florence, les religieux d’un monastère bénédictin de la Montagne-Noire, près d'Antioche, conçurent tant de vénération pour sa personne, qu'ils se rangèrent sous la règle séraphique (2).
Vers la fin de l’année 1219, il reprit le chemin de l'Europe, où le rappelaient les affaires de l'Ordre. Il s'embarqua sur un de ces navires vénitiens qui étaient alors les rois de la mer Méditerranée, et qui la sillonnaient sans relâche pour porter des secours aux croisés.
Ainsi se termina la pacifique croisade de saint François en Orient. Qu'elle ait été féconde en résultats, l’histoire est là pour l’attester. Qui pourrait nier aujourd'hui que la courte apparition du Saint dans la Palestine n’ait été comme une prise de possession de la Terre Sainte?
Dieu ne semble-t-il pas l'y avoir conduit pour lui dire, comme autrefois à son serviteur Abraham : « Parcours présentement toute l'étendue de cette contrée, parce que je te la donnerai un jour! » François venait, en effet,
ann. 1221; — Saint ANTONIN, Chronique, tit. XIX, © VIII. 1. Chronique des tribulations (ms. de la Bibl. Laurenz. de Florence).