Acta S. S., 16 avril
la tunique grise et les ceignit du cordon, qui devait demeurer à jamais la marque distmctive de ses institutions. Il initia à cette même forme de vie plusieurs personnes de Poggi-Bonzi et de Florence. Le Tiers-Ordre de la Pénitence, le plus ancien de tous les Tiers-Ordres, était institué (1227). Ainsi s’accomplissait sans bruit un des grands événements du moyen âge.
Quelques mois après, le saint Patriarche rédigea pour les Tertiaires une Règle dont le but est de venir en aide aux âmes que des devoirs impérieux contraignent à vivre dans le monde, de raviver en elles l'esprit du christianisme et de les faire participer aux vertus de la vie religieuse. Règle large et simple; car elle est faite pour tous les temps, toutes les nationalités, toutes les conditions de la vie sociale. Règle fa- cile; car elle n’est au fond qu’une sage application des lois évangéliques, « qui ne sauraient paraître trop dures à un chrétien (1) ». Elle n'oblige point sous peine de péché, et n’a d'autre sanction que l’amour.
Elle fut accueillie non seulement avec faveur, mais avec un véritable enthousiasme. « Le monde se peupla de jeunes filles, de veuves, de gens mariés, d'hommes de tout état qui portaient publiquement les insignes d'un Ordre religieux et s'astreignaient à ses pratiques dans le secret de leurs maisons. L'esprit d’associa- \ tion qui régnait au moyen âge, et qui est celui