‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 152 sur 260 · Vie de saint Dominique, par LACORDAIRE, ch. xvI · texte numérisé non relu

Vie de saint Dominique, par LACORDAIRE, ch. xvI

rénovation du x1r1° siècle. Plus tard, il pénétra

ns le nouveau monde avec les premiers Franciscains qui accompagnaient Christophe Colomb. Enfin, depuis son origine jusqu'à nos jours, il n’a cessé de produire, à l'envi des déserts et du cloître, une admirable floraison de saints; et cette fécondité est le principal motif qui a déterminé les souverains pontifes à faire pleuvoir sur lui l’abondante rosée de leurs faveurs spirituelles.

De l’innombrable phalange de héros et de saints qui l'ont illustré, le premier en suivant l'ordre chronologique, est ce Luchesio dont nous avons raconté la conversion et à qui Dieu accorda le don des miracles et celui de l'oraison jusqu'à l’extase (1); mais le plus célèbre est sans contredit Louis IX : Louis IX qui 'partout sut commander le respect et l'admiration, sous le chêne de Vincennes en rendant la justice, à Damiette en refusant la couronne offerte par les Musulmans, à Tunis en mourant sur la cendre, et mérita de devenir le patron des Frères du Tiers-Ordre Franciscain.

Plusieurs souverains pontifes, et parmi eux, Léon X, Pie VI et Pie IX, auxquels il faut joindre Sa Sainteté Pie X. actuellement régnant, unirent à l'éclat de la tiare les livrées de la pénitence. Des têtes couronnées, Rodolphe de Habsbourg ; saint Ferdinand, roi de Castille ; Charles-Quint, Philippe Il et Philippe III, rois

1. Luchesio mourut le 28 avril 1241 et fut béatifié par Pie VI. ;

d’Espagne ; (Garcia Moreno, la glorieuse victime de la franc-maçonnerie;) d'opulents seigneurs, comme saint Elzéar de Sabran, saint Roch de Montpellier et ce Thomas Morus qui, placé entre l’apostasie et le martyre, se montra saintement rebelle aux sacrilèges caprices du pouvoir; des prêtres et des évêques, comme

saint Yves, saint Charles Borromée, saint | ?

François de Paule, saint Ignace de Loyola, saint Vincent de Paul, M. Olier, le cardinal de Béruke ; et de nos jours, le curé d’Ars, Mgr de Ségur, dom Bosco, Mgr Freppel et le cardinal Alimonda, s'inscrivirent également parmi les Tertiaires. Les uns et les autres se faisaient gloire de porter les livrées franciscaines, et le cardinal Alimonda n'était que leur interprète, lorsque, à l’occasion des fêtes du septième centenaire de saint François, il professait publiquement, dans un langage où la grâce le dispute à l'éloquence, sa vénération pour celui qu’il nommait son père et son modèle (1). « Je ne cesse, s'écriait-il, de bénir le jour où j'ai ceint la corde du Patriarche d'Assise. Tout jeune encore, je me sentais déjà attiré vers ce grand serviteur de Dieu, quand ma pieuse mère me parlait de lui. Je l’aimais parce qu'on me le dépeignait épris d'amour pour tout ce qui charmait mon enfance : le printemps, les fleurs, les oiseaux, les petits oiseaux auxquels il préparait leur nourriture sur le toit de son couvent, et les

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