Id., ibid., p. II, c. v
lieu de sa retraite, lui demanda d'un ton bienveillant la raison de sa fuite. < Mon Seigneur et mon Père, répondit l’humble François, dès que j'ai su que Votre Seigneurie voulait m'honorer de sa visite, moi le plus pauvre et le dernier des hommes, j'ai été couvert de confusion, et me suis trouvé absolument indigne de recevoir un tel honneur. »
Nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire une autre anecdote, puisée dans la seconde légende de Thomas de Célano (1); elle nous initie mieux que la précédente au secret des relations intimes qui unissaient ces deux personnages, et met dans tout leur jour la simplicité de l’un et la bonté de l’autre. Le Saint, invité à dîner chez le cardinal, alla auparavant mendier par la ville quelques morceaux de pain bis; puis, les déposant sur la table de son hôte, illes distribua aux convives, prélats, chevaliers et chapelains. Après le repas, le cardinal le prit à part et l'embrassa en lui adressant cet aimable reproche : < Pourquoi me faire cet affront de recourir à l’aumône, lorsque ma maison est à toi et à tes Frères? — Seigneur, répliqua François avec un doux sourire, je ne vous ai fait ni honte ni outrage; je vous ai fait au contraire un grand honneur en invitant chez vous celui qui, étant riche, s’est fait pauvre pour nous et a fait de la pauvreté une véritable royauté. Voilà pourquoi il m'est plus doux de