Speculum perfectionis, p
leur éblouissante lumière, tout prenait une voix pour exalter son Seigneur et Maïtre. De là son attention aux secrètes harmonies du globe.
« Ses heures se passaient quelquefois à louer l'industrie des abeilles, et lui qui manquait de tout leur faisait donner en hiver du miel et du vin, afin qu'elles ne périssent pas de froid (1).»
Il aimait à proposer pour modèle à ses disciples la vigilance des alouettes. Voyant un jour une troupe de ces oiseaux, à la robe grise comme la sienne, s'élever dans les airs en chantant, à mesure qu'ils avaient pris quelques grains sur la terre : « Considérez ces douces créatures, dit-il à ses Frères. Elles nous apprennent à rendre grâces à notre commun Père qui nous donne le pain de chaque jour, à ne manger que pour sa gloire, à mépriser la terre et à nous élever au ciel, où doit être notre conversation. » Les alouettes étaient ses oiseaux de prédilection; il louait en elles leur détachement de la terre, comme il blâmait dans les fourmis leur zèle excessif à faire des provisions pour l'hiver.
Un soir, au moment où il allait prendre un peu de repos dans son ermitage de l'Alverne, il entendit le chant d'un rossignol. Tout joyeux et vivement ému, il pria son compagnon de chanter alternativement avec l'oiseau les louanges du Très-Haut. Sur le refus du Frère Léon, qui s'excusa sur sa mauvaise voix, il se mit à ré-