TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. XX VII
« À Notre-Dame des Anges, on luifit présent d'une autre brebis qu'il accepta avec le même bonheur. Il l’avertissait de se montrer attentive à louer Dieu et à ne jamais offenser les Frères : et celle-ci obéissait fidèlement aux recommandations de son maître. Dès qu'elle entendait les religieux chanter au chœur, elle accourait d’ellemême à l’église, se rendait à l’autel de la sainte: Vierge et saluait par ses bêlements la Mère du véritable Agneau. A la messe, au moment où le prêtre élève la sainte Hostie, elle ployait les genoux et inclinait la tête, comme pour inviter les fidèles à venir adorer leur Créateur et pour reprocher aux incrédules leurs irrévérences envers l’auguste sacrement de nos autels. — Pendant son séjour à Rome en 1222, François avait également un petit agneau pour lui tenir compagnie. Avant de faire ses adieux à la Ville éternelle, il le confia aux soins de son illustre et pieuse amie, Giacoma de Settesoli. L’agneau se fit l'inséparable compagnon de la noble dame, la suivant à l’église, y restant et en revenant avec elle. Le matin, était-elle endormie ou moins diligente à se lever? Il allait à son lit, la réveillait par ses bêlements, comme pour lui rappeler que l'heureétait venue d'aller servir Dieu. Aussi Giacoma conservait-elle avec un amour mêlé d’'admiration cet agneau merveilleux qui, de disciple de saint François, était devenu pour elle un maître en dévotion (1). »