BONAV., C. VIII
N'oublions pas un autre détail qui n’est petit qu'en apparence; car rien n'est petit aux yeux de la foi. Notre Bienheureux écartait d’une main délicate les vers qu'il rencontrait sur le chemin, de peur qu'ils ne fussent écrasés sous les pieds des passants. Le Psalmiste n’avait-il pas dit du Christ : « Je suis un ver, et non pas un homme » ?
Aux yeux du Poverello, les créatures inanimées avaient un langage etun sens mystérieux. Il aimait notre sœur l’eau, parce qu’au baptême elle porte le sang de Jésus-Christ; et quand il se lavait, il cherchait un endroit où, en tombant, elle ne pût être souillée. Il révérait dans les pierres la figure de Celui qui est la pierre angulaire de l'Evangile. Il recommandait à ses Frères, lorsqu'ils coupaient le bois sur la montagne, de laisser de forts rejetons, en souvenir du Verbe incarné qui a voulu mourir pour nous sur l’arbre de la croix. Il s’arrêtait devant une fleur, longuement, avec admiration; mais son esprit se reportait aussitôt à cette fleur mystique, sortie de la tige de Jessé, et dont le parfum réjouit l'univers (1).
Un de ces mots heureux qui lui échappaient souvent, nous semble résumer toute sa pensée sur ce sujet. On se souvient avec quel respect il relevait tout lambeau d'écriture tombé dans la poussière, de peur de fouler aux pieds quelque passage qui traitât de Dieu ou des perfections