‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 177 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. 1, c. xxix · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. 1, c. xxix

divines. Comme un de ses disciples lui demandait un jour pourquoi il recueillait avec le même scrupule les écrits des païens : « Mon fils, répliqua-t-il, c'est parce que j'y trouve les lettres dont se compose le glorieux nom du Seigneur; car le bien que renferment ces écrits n'appartient pas au paganisme ni à l'humanité, mais à Dieu seul, auteur et source de tout bien (1). » — «Et en effet, s’écrie à ce propos Frédéric Ozanam, toutes les littératures sacrées et profanes sont-elles autre chose que les caractères avec lesquels Dieu écrit son nom dans l'esprit humain, comme il l'écrit dans le ciel avec les étoiles (2)? »

Esprit droit et ami du beau; cœur d'une tendresse exquise, même pour les créatures privées de raison, s'intéressant à ce que les plus chétives d’entre elles eussent la part de bonheur qui leur est propre, la plante son rayon de soleil, l'oiseau son nid et sa couvée; grand amant de la nature, non pour elle-même, mais parce que derrière le voile de la fragile créature, sa foi découvre Celui qui, chaque jour, sème à pleines mains dans l'univers la vie et la fécondité : voilà bien saint François tel que nous le dépeignent ses historiens les plus autorisés. « Virum christianissimum (3) », chrétien en tout, jusque dans les moindres détails, et se ser-

Page 1