‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 182 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. I, c. xv · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. I, c. xv

où François, presque à la dernière extrémité, recevait alors les soins de son auguste protecteur. Le Saint, connaissant par révélation l'état d'esprit de son disciple et la cause de son voyage, députa à sa rencontre les Frères Léon et Masséo : « Allez au-devant du Frère Rizzier, murmura-t-1l doucement, et dites-lui que, de tous mes Frères, il est celuique je chéris le plus tendrement. » Léon et Masséo s’acquittèrent de la commission en vrais fils de l’obéissance, et le Frère Rizzier se sentit pénétré d’un sentiment de confiance qu'il ne se connaissait plus.

Dès qu'il fut entré dans la chambre de son bienheureux Père, celui-ci, tout languissant qu'ilétait, se leva de sa couche et lui dit, en l’embrassant avec effusion : « Je t'aime du fond de mon cœur, entre tous mes Frères qui sont dans le monde. » Puis traçant le signe de la croix sur le front de son disciple, et y collant ses lèvres, il ajouta : « Dieu a permis cette tentation pour le plus grand bien de ton âme; mais puisqu'elle te semble trop pénible, tu n'auras plus désormais de tentation nt d'épreuve. » À dater de cette heure, en effet, Rizzier recouvra la paix et la joie intérieure, pour ne plus les perdre (1).

Parmi ses disciples, François comptait des hommes qui lui étaient supérieurs pour la science ou pour le talent oratoire, tels que les Frères Élie, Césaire de Spire et saint Antoine de Padoue. Il le savait; mais loin d’être jaloux

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