‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 186 sur 260 · I. Vita prima, p. I, c. xxIx · texte numérisé non relu

I. Vita prima, p. I, c. xxIx

du commandement, il se soumettait avec une admirable simplicité aux ordres d’Ange de Riéti, « son Gardien », et pouvait dire en toute sincérité à ses disciples : « J'ai reçu d’en haut cette grâce entre toutes les autres, que si l’on m'assignait pour gardien un novice d’une heure, je lui obéirais aussi facilement, aussi ponctuellement qu'au plus ancien religieux (1). »

La pauvreté? IL avait pour elle un culte chevaleresque, et il s'en montra toujours, selon l'énergique expression de Bossuet, « le plus désespéré amateur qui ait peut-être été dans l'Eglise (2) ». Il allait jusqu’à pleurer quand il rencontrait un mendiant plus pauvrement vêtu que lui, jusqu’à se dépouiller de son unique manteau pour en couvrir les épaules des indigents, enfin jusqu'à donner, faute d'autres ressources, le bréviaire dont les Frères se servaient pour réciter l'office canonial. À yant un jour entendu l’un de ces religieux dire à demi-voix : « Je viens de la cellule de François », il le fit venir et lui dit: « Pourquoi l’appelles-tu ma cellule? Elle n’est pas à moi, et dorénavant un autre l’occupera. Le divin Maïître a passé quarante jours et quarante nuits au désert, sans autre abri que le creux d’un rocher. Pourquoi ne l’imiterions-nous pas, en ne gardant que l'usage de nos cellules, sans en avoir la propriété (3)? » Mais chez saint François, la pau-

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