‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 187 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. Ill, c. v · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. Ill, c. v

vreté n'était pas seulement une vertu; elle était sa vertu dominante. Nous n’en voulons pour preuve que la gracieuse vision des trois vierges, relatée par son premier biographe.

« François se rendait de Riéti à Sienne pour son mal d’yeux. Il était accompagné de quelques Frères et d’un médecin fort attaché à l'Ordre. La petite caravane rencontra en chemin, dans la plaine de Compiglia, trois femmes d’une si parfaite ressemblance qu’on les eût prises pour trois sœurs. Même âge, même taille, même profil de visage et aussi même simplicité dans la mise. Elles s’'avancèrent vers François, inclinèrent respectueusement la tête et lui dirent d’un air gracieux : « Que dame Pauvreté « soit la bienvenue! » La salutation était étrange, mais tout à fait du goût de celui auquel elle s’adressait. Croyant avoir affaire à trois indigentes, il pria le médecin de leur remettre une aumône. Cet homme de bien déféra avec empressement au désir du Saint et mit pied à terre. Mais quand il fut remonté à cheval, les trois vierges avaient disparu, à son grand étonnement. Les Frères Mineurs acquirent, comme lui, la certitude qu'ils avaient été témoins d’une apparition céleste, et ils ne doutèrent pas qu'elle n'eût un sens mystérieux (1). »

Saint Bonaventure, complétant le récit de son devancier, ajoute : « Cette apparition signifiait que les trois vertus qui constituent l'essence et

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