Vita secunda, p. III, c. xxx vi
la beauté de la perfection religieuse, la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, brillaient d’un égal éclat au front du Patriarche séraphique; mais que cependant la pauvreté était sa prérogative spéciale et le plus riche fleuron de sa couronne (1).» Aussi le dernier regard du Saint sera-t-il pour la pauvreté, et il ne mourra content que parce qu'il pourra dire à ses compagnons : « Je n'ai pas souvenance d’avoir jamais été infidèle à ma dame la pauvreté (2). »
Pauvre, mais content ! Ilne dissimulait point, du reste, le motif de l’allégresse qui se réflétait sur son visage. « Mon lot est assez beau, s'écriait-il. Le Seigneur est mon partage, le Seigneur est ma richesse; je n'en veux pas d'autre; car avec lui je possède tout (3). » Puissant en œuvres et en parole, mais sans ombre d'orgue, parce que son âme était une harpe dont la charité divine réglait tous les accords; « se faisant tout à tous, saint parmi les saints, écrit Thomas de Célano, il était si humble parmi les pécheurs qu'on l'eût pris pour l’un d'eux (4) ». Quel saint a poussé plus loin le mépris de soimême, l'indifférence pour les honneurs, l’ardeur à poursuivre les humiliations? « Sortons d'ici, dit-il un jour à son compagnon, nous n’avons rien à gagner avec les honneurs que nous ren-