‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 19 sur 260 · Tres socii, c · texte numérisé non relu

Tres socii, c

Pierre Bernardone voyageait alors en France pour son commerce. À son retour, il eut une grande joie d'apprendre qu'un fils lui était né; et la Légende des trois compagnons nous dit que dès ce moment, et en souvenir du beau royaume de France, il donna au petit Jean le surnom de Francesco, François : « Marque d'amour pour la terre hospitalière d’où il revenait et qui lui avait donné la douce compagne de sa vie et l'ornement de sa maison (1). »

D'autres auteurs prétendent qu'il ne le lui donna que plus tard, à cause de la facilité avec laquelle l'enfant apprit notre langue, et de la grâce qu'il mit à la parler. Quel que fût le mobile qui le dirigeait, « l’obscur vendeur de drap était loin de penser que ce nom de son invention serait invoqué par l'Église et porté par des rois (2) ». Quant à François (c'est ainsi que nous l’appellerons désormais), il eut toujours pour la patrie de sa mère une affection toute filiale, et la France peut à bon droit se glorifier de lui comme d'un fils adoptif.

Ses premières années s’écoulèrent calmes et tranquilles à l'ombre du toit paternel. Eurentelles un côté piquant ? Nous l'ignorons ; car Pica, comme la plupart des mères, a gardé dans le secret de son cœur ces premiers sourires et bégayements, ces premiers épançhements de la vie, qui n'étaient que pour elle. Et les vieux

1. CRISTOFANI, Storia d’Assisi, 1. I1.— On croit que Pica était originaire de la Provence.

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