‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 190 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. LXI1I · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. LXI1I

sainteté qui l’effrayait. Ce sentiment d'’effroi transpire à travers toutes les.lignes de la lettre qu'il envoyait aux prêtres de son Ordre.

« Écoutez-moi, mes Frères, leur écrivait-il. Si la bienheureuse Vierge Marie mérite d'être honorée d'un culte spécial pour avoir porté dans ses chastes flancs le Rédempteur du monde; si saint Jean-Baptiste ne s'est avancé qu'en tremblant pour verser l’eau du Jourdain sur la tête du Messie; si nous vénérons le Saint-Sépulcre parce qu'il a renfermé pendant trois jours le corps du Sauveur, ah! dites-moi combien elles doivent être pures, les mains entre lesquelles s'incarne le Dieu de l'Eucharistie, le Dieu vainqueur de la mort, le Dieu de majesté devant lequel les anges se couvrent la face de leurs ailes? Considérez donc, Ô prêtres, la sublimité de votre vocation, et soyez saints, parce que la victime que vous immolez est sainte. Pour moi, si je rencontrais un ange et un prêtre, je saluerais d’abord le prêtre, parce que Dieu lui a confié un pouvoir qu'il n’a pas accordé aux esprits célestes (1). » On comprend qu'avec des vues si hautes sur le sacerdoce et un sentiment si profond de sa propre indignité, le Pénitent d'Assise n’osât franchir le degré qui sépare le diaconat de la prêtrise. Malgré les instances pressantes de l'évêque d'Assise et du Frère Léon, il différait toujours : il attendait des lumières plus amples sur sa vocation. Elles

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