‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 192 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. II, c. it · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. II, c. it

refuser. Souvent il saupoudrait de cendre les aliments quon lui présentait, alléguant pour excuse que sœur cendre était chaste. Il ne buvait que de l’eau, et encore est-ce à peine s’il en prenait assez pour étancher sa soif. Un jour qu'on lui demandait la raison d’une telle austérité de vie : « C’est qu'il est difficile, répliquat-il, de satisfaire aux exigences de la nature, sans se laisser aller à la sensualité (1). »

Ah! si les rochers du lac de Pérouse, des Carceri, de l’Alverne, avaient une voix, que de jeûnes, que de macérations ils nous révéleraient! Quels trésors d’expiations ils étaleraient à nos regards, trésors que les anges emportaient pour les verser dans la balance de la miséricorde divine et racheter les crimes du xui* siècle! Mais non. Ces mystères de la pénitence resteront voilés jusqu’au grand jour des révélations, et pourtant un aveu du Saint, pareil à l'éclair qui traverse le ciel, déchire en partie le nuage qui nous les dérobe.

Il était parvenu à cette période finale de son existence qui va de l’Alverne à son dernier soupir et qui n’est plus qu’un douloureux martyre. Mis en demeure d'accepter ou de refuser les adoucissements proposés par la science médicale, il fut pris de scrupule. Il craignait, en refusant, d’aller contre les desseins de la Providence; et il avait peur, en acceptant, d’excéder dans les soins à donner à « Frère l'âne » (c'est

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