BoNaAv., c. xI
de la sainteté (1) : « Fils de Pierre Bernardone, pense saintement, parle samternent, agis saintement, et tiens pour sûr que tu seras vraiment alors mon serviteur et mon ami, »
Il est peu de vies où l’action directe du Créateur se mêle plus fréquemment à l'activité propre de la créature; mais aussi il est peu de saints qui aient plus fidèlement correspondu aux douces prévenances de la grâce. Comme il se montrait attentif aux moindres touches de l'Esprit-Saint! Était-il seul, perdu dans les forêts de Monte-Lucco, de l'Amiata ou de l'Alverne? [1 s’abandonnait sans crainte aux mouvements de la grâce. En voyage, dans la compagnie de ses Frères? Il les quittait sans rien dire, et cheminaït un peu en arrière, pour mieux obéir au souffle divin qui l’emportait ; ou bien encore il faisait halte et s'arrêtait un moment, et il en donnait ce motif à ses compagnons : « Si le corps se repose pour prendre une nourriture destmée comme lui à devenir la pâture des vers, ne convient-il pas que l’âme se tienne également dans le calme pour recevoir son aliment, qui est Dieu (2)? » D'autres fois enfin, pour élever plus facilement son âme à Dieu, il avait recours aux accents de la musique et jouait d’un violon enfantin qu'il avait lnimême façonné (3). I1 devait être imité en ce
1. À Sienne. — Voir TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. xcv.