‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 198 sur 260 · BONAV., C. x · texte numérisé non relu

BONAV., C. x

extase; mais il se sentit tout à coup repoussé par un bras invisible et rejeté assez loin de la cellule, et ne recouvra le libre usage de ses sens que lorsqu'il eut ingénument avoué son indiscrétion en présence des religieux (1x).

Des visions, des extases! La vie du Patriarche d'Assise en est remplie. Mafs ne nous ÿ arrétons pas plus longtemps. Elles ne sont qu'un rayon de gloire secondaire et ne forment pas l'essence de sa beauté. C’est l’amour qui fait les justes et mésure leur degré de perfection; c'est l'amour qui place les séraphins au sommet des hiérarchies angéliques, et le thaumaturge ombrien sur les plus hautes cimes de la sainteté. Sainteté tout intérieure, il est vrai, mais qui rayonne au dehors et dont les reflets sont admirables! A force d'humilité, de larmes, et surtout d'amour, il avait pour ainsi dire reconquis l'innocence primordiale et semblait avoir recouvré les privilèges dont jouissaient nos premiers parents au jour de leur création. Il était parfaitement soumis à Dieu; et la créature inférieure à son tour, rentrant pour lui dans l’ordre détruit par le péché, se montrait si docile à sa voix, que pour retrouver une pareille obéissance il faut remonter jusqu'à l'âge d'or du paradis terrestre. Sans doute, avant lui, plusieurs saints avaient plus ou moins ressaisi le sceptre tombé des mains d'Adam :

les Pères de la Thébaïde étaient servis par les

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