‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 203 sur 260 · Fioretti, loc. cit · texte numérisé non relu

Fioretti, loc. cit

2. Bref Licet is (Bullar. francisc., t. IV, p. 156, n. 4). 3. Vita secunda, p. II, c. 11.

compagnons du Saint s’endormirent d'un profond sommeil. François seul demeura en prières; mais il eut à subir un terrible assaut de la part des démons. Ces malins esprits, furieux de voir qu'il ruinait leur empire, lui apparurent sous des formes effrayantes, se précipitèrent sur lui, le frappèrent à coups redoublés et le laissèrent à demi-mort sur le pavé. Au plus fort du combat, François, semblable au soldat qui se bat vaillamment sous les yeux de son capitaine, tenait son cœur élevé vers l'invisible Roi des siècles. « O Seigneur Jésus, s'écria-t-il, je vous rends grâces pour tous vos bienfaits, et particulièrement pour celui-ci, qui m'est un gage manifeste de votre amour. Vous punissez mes péchés en ce monde, pour m'épargner dans l’autre. Mon cœur est prêt à souffrir mille fois plus, si c'est votre sainte volonté (1). »

Le lendemain matin, François se trouvait réduit à un tel état de faiblesse qu'il ne put continuer le voyage à pied. Ses compagnons allèrent au village voisin, et rencontrèrent un brave laboureur qui leur prêta volontiers son âne pour leur bienheureux Père et se joignit à leur compagnie. On se remit en route; le saint Patriarche ouvrait la marche, assis sur sa paisible monture; le paysan et les Frères le suivaient à quelque distance. Tout en gravissant les premiers mamelons de la montagne, le

1. TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. LxXI11; et F'ioretti, loc. cit.

SUR L’ALVERNE 373

paysan dit à François : « Père, dites-moi la vérité; êtes-vous vraiment ce François d'Assise dont on parle tant? — Oui, répondit le Saint. — Eh bien! reprit cet homme, croyez-moi, appliquez-vous à être aussi bon que les gens le disent, afin qu'ils ne soient pas trompés dans leur confiance. » Charmé de tant de simplicité, l’humble François descend de sa monture et lui baise les pieds, en le remerciant de son bon conseil, puis il remonte sur son âne (1).

Cependant, à mesure que l’on avançait dans les gorges sinueuses de l'Alverne, la montée devenait plus rapide, le sentier plus abrupt, le soleil plus brûlant. Le paysan, exténué de soif et de chaleur, s'écria tout à coup : « Je n’en puis plus! Je me meurs, si je ne trouve à boire. » Mais il n’y avait pas une goutte d’eau dans ce désert. François eut pitié du pauvre laboureur, et, les bras tendus vers le ciel, il se mit à implorer le secours de la Providence, avec cette pleine confiance qui est le plus sûr garant du succès. N'’est-il pas écrit que Dieu est un père, le meilleur et le plus tendre des pères, et qu'il s'incline aux moindres désirs de ceux qui l’aiment”? Bientôt, sentant que sa prière était exaucée, le Bienheureux se tourna vers le paysan, et lui dit en lui montrant du doigt un bloc de pierre : « Vois-tu cette roche? Vas-y; tu trouveras une source limpide que le Sauveur, dans sa miséricorde et sa bonté pour toi,

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