Fioretti, troisième considération sur les stigmates
il s'écria tout joyeux : < Mon cœur est prêt, Seigneur; mon cœur est prêt (1). »
Nous touchons ici à l'apogée des ascensions mystiques d'un grand Saint. Il siérait mal à un pauvre pécheur comme nous de décrire de si célestes merveilles. Taisons-nous donc pour écouter la voix d'un docteur expert en ces matières, celle du Docteur séraphique.
« A l’aube du jour, vers la fête de l'Exaltation . de la Croix (2), l’'angélique François était en prière sur le penchant de la montagne. Tout à coup il vit descendre des hauteurs du ciel un séraphm aux six ailes de feu, éblouissantes de clarté. L'ange vola d’un vol rapide tout près de lui, et demeura suspendu dans les airs; et alors apparut entre ses ailes l’image de Jésus crucifié. A cette vue, l'âme de François fut saisie d’une stupeur indicible. La joie et la douleur la remplissaient tour à tour : la joie, parce qui avait en face de lui le Dieu de son cœur, le Dieu d'amour sous la forme d’un séraphin; la douleur, parce que c'était Jésus souffrant, les mains et les pieds attachés à la croix, et le cœur percé de la lance. Il avait sous les yeux un mystère insondable, et son étonnement était extrême; car comment concilier les humiltations du Cat vaire avec les glotres de la vision béatifique ? Enfin il découvrit, à la lumière céleste, le sens caché de cette vision, et il comprit que ce