Confess., liv. I,ch. vi; liv. III, ch. 1v
L'heure était venue de former l'esprit de François. Ses parents, voulant qu'il reçût une instruction en rapport avec leur fortune comme avec les goûts du temps, le confièrent aux pieux ecclésiastiques qui dirigeaient l’école Saint- Georges. Pour lui, inclinant par tempérament vers l’action, il ne se passionna guère pour les chefs-d’œuvre de l’antiquité classique, et « sa culture littéraire laissa à désirer (1) ». Cependant, doué par la nature d’une excellente mémoire et d’une prodigieuse facilité (2), il acquit une connaissance suffisante du latin et apprit aisément la langue française, « déjà considérée en [talie comme la plus délectable de toutes et la gardienne des traditions chevaleresques qui polissaient la rudesse du moyen âge (3). »
Dès qu'il eut atteint l’âge de quatorze ans, Pierre Bernardone l’associa à ses opérations commerciales. Tous deux exerçaient leur profession avec activité, mais dans un esprit tout différent. Le père était un homme dur, âpre au gain, toujours en quête de gros bénéfices. Le fils avait des sentiments plus élevés ; il était affable, compatissant, généreux jusqu'à la prodigalité, plus avide de gloire que de richesses, etfortement attiré vers ces fêtes chevaleresques dont le goût, introduit au nord par les empe-
1. « Post aliqualem litterarum notitiam. » (BoNAv., Vita S. Francisci, c. 1.)
2. « Memoriä luculentus. » (TH. DE CELANO, Vita prima, P. Ï, c. Xx1x.)