‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 216 sur 260 · BONAV., €. XIV · texte numérisé non relu

BONAV., €. XIV

A cette belle page du Docteur séraphique, ajoutons l'éloge plus court, mais non moins expressif, que trace à son tour Thomas de Célano. « Le zèle de François ne connaissait point delimites : il embrassait tout l'univers, et le Saint eût voulu porter en tout lieu le flambeau de l'Evangile. Ouvrier infatigable, on le voyait quelquefois, malgré son extrême faiblesse, parcourir en un seul jour cinq ou six des petites villes de l’Ombrie, tant son corps était soumis à Sa raison, et sa raison à Dieu ! tant la vertu était devenue pour lui une seconde nature (1) ! » Il parlait peu, sans doute; mais l'accent de sa voix, ses pressants appels et la vue des sacrés stigmates imprimés sur sa chair n'étaient-il pas pour tous la plus émouvante des prédications ? Ainsi passait-il au milieu des populations, image saisissante du Dieu crucifié qu'il prêchait, apôtre jusqu'à la dernière heure, vase d'élection répandant plus que jamais autour de lui, et toujours à son insu, une odeur de vie qui donnait la vie, un parfum semblable aux vapeurs de l'encens dans les jours d'été. Excursions fructueuses, quoique de bien courte durée.

La légende place ici un épisode dont Marc de Lisbonne s’est, le premier, fait l'interprète. Elle raconte qu’au moment où le Saint entrait dans la ville de Bagnoréa, une mère éplorée vint lui présenter son enfant, pauvre petit être voué à la mort, pour qu'il le guérit ; et elle ajoute qu'à

Page 1