TH. DE CELANO, Vita secunda, loc. cit
id l’appelait, tombât dans un profond oubli, il désigna d'avance pour le lieu de la sépulture la « Colline d'Enfer », colline d'ignominie où lon exécutait les criminels : tant il avait faim et soif de mépris et d'humiliations, et tant ii était destiné à devenir en sa mort, comme en sa vie, la parfaite image du Verbe incarné! Après cela, rentrant en lui-même et regardant autour de lui, il pensa que tout était prêt pour le grand voyage de l'éternité, et il demeura en repos.
Le soir, au moment où les crêtes de l’Apennin commencent à incliner leurs ombres vers la plaine, il rassembla ses disciples pour la dernière fois autour de son grabat, les consola par des paroles pleines de tendresse et les exhorta à garder fidèlement la pauvreté, la patience et l'amour de Dieu. Puis il les bénit en disant : « Adieu, mes enfants! Adieu à tous! Je vous laisse dans {a crainte du Seigneur. Demeurez-y toujours, inviolablement attachés à votre Règle; car l'heure des tribulations est proche, et dans la tourmente 1l y aura des défections et des scandales. Heureux qui persévérera! Pour moi, je vais à Dieu : j'y vais avec joie, j'ai hâte de le voir, j'y vais avec confiance, je l’ai servi de toute l'énergie de mon âme (1). Je vous recommande tous à sa grâce (2). » Les Frères ne pouvaient répondre
1. TH. DE CELANO, Vita prima, p. IL, c. vi; et Vita secunda, p. III, c. xXx1Ix.