I. BONAYV., €. XIV
a. Saint François d'Assise, par Île KR. P. G. ORLANDO, S. J. (Voir la Sicilia cattolica, 4° art., septembre 1882.) — On conserve au Sagro-Convento les étoffes précieuses données par Giacema de Settésoli, |
La nouvelle de cet événement se répandit avec la rapidité de la foudre dans la ville d'Assise. « Le Saint est mort! le Saint est mort ! » criait-on de toutes parts. Le soir même, les habitants descendirent à la Portioncule pour vénérer les restes de celui qu'ils avaient invoqué comme un Saint, même de son vivant. Chacun put alors les contempler à loisir et satisfaire sa dévotion. « Autant François s'était fait petit et humble, dit saint Bonaventure, autant Dieu prenait plaisir à le glorifier après sa mort. Son âme avait franchi les parvis célestes, et buvait à longs traits aux sources de la vie; mais en se séparant de son corps, elle lui avait laissé dans l'empreinte des sacrés stigmates un gage certain de résurrection glorieuse. Dans ses mains et dans ses pieds on voyait des clous miraculeusement formés de sa chair et tellement adhérents, que, poussés d’un côté, ilsavançaient de l’autre, comme des nerfs forts durs et d’une seule pièce. Rien n'empéchait plus de voir la plaie du côté qu'il cachait avec tant de soin pendant sa vie, cette plaie que la main de l’homme n'avait point faite et qui rappelait à l'esprit celle du Seigneur Jésus. Les clous avaient la couleur grisâtre du fer; mais la blessure du côté, avec sa couleur vermeille et ses bords repliés, ressemblait à une belle rose fraîchement épanouie. Le teint du saint Patriarche, naturellement brun, un peu basané, avait recouvré l'éclat et la fraîcheur du premier âge, et ses membres la souplesse de l'enfance :
autant de symboles de la pureté de son âme!
On eût dit un autre Christ descendu de la croix et prêt à être enseveli dans le tombeau.
« Cependant, parmi les fidèles qui vinrent baiser les stigmates, on remarqua un chevalier de grande réputation, nommé Jérôme, incrédule comme l’'apôtre saint Thomas : comme lui, il examina minutieusement et palpa du doigt les cinq plaies du bienheureux Père, et comme lui aussi, il fut délivré de tout doute à cet égard. Il devint dans la suite l'un des plus chauds défenseurs de la réalité du miracle. Pendant toute la nuit, les religieux, les tertiaires et les amis du Saint chantèrent sans interruption des psaumes et des cantiques devant sa dépouille mortelle : si bien qu'on eût cru assister à la fête d'un ange plutôt qu'aux funérailles d'un homme (1). »
Le lendemain dimanche, 4 octobre, eurent lieu les obsèques ou plutôt le triomphe du fidèle serviteur de Dieu. Laissons un témoin oculaire, Thomas de Célano, nous en retracer les scènes imposantes.
« Dès le matin, le clergé et les consuls d'Assise se rendirent à Notre-Dame des Anges pour transporter solennellement les restes de leur compatriote. Toute la ville était là; de plus, une foule innombrable, accourue de tous les points de l'Ombrie, encombrait la plaine. Le convoi défila lentement et avec ordre. Les.