BONAv., c
ration, un autre de ses compatriotes, un autre homme du peuple, parcourait les rues de la vieille cité en criant : « Pax et bonum! Paix et bien!» 1] continua pendant plusieurs années cet office de précurseur et se tut après la conversion du Saint (1).
Les honneurs de la prospérité sont une liqueur enivrante qui trouble les meilleurs esprits. Peut-être eût-eile corrompu aussi l'âme du pieux adolescent, si Dieu n’eût pris soin d'y mêler le breuvage amer, mais salutaire, de l'épreuve et de la douleur.
L'épreuve fut aussi longue qu'inattendue.
Elle lui vint à l'issue de la guerre qui éclata en 1109 entre Assise et Pérouse : guerre dont un écrivain moderne, suppléant au silence des biographes du Saint, a mis en lumière l'origine et les motifs, en se fondant sur les archives municipales d'Assise (2).
Depuis un demi-siècle, la péninsule était divisée en deux grandes factions qui se disputaient le pouvoir, les Guelfes et les Gibelins. Les Guelfes étaient les partisans de l'indépendance italienne et de l'autorité pontificale; ils s'appuyaient principalement sur le clergé et Îa bourgeoisie ; et partout où tisétaient les maîtres, les cités s’érigeaient en communes imitées du municipe romain, ou plutôt en républiques autonomes. Les Gibelins étaient les partisans des Hohenstauffen et du régime féodal. La ligue