‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 36 sur 260 · DANTE, Paradis, ch. xi · texte numérisé non relu

DANTE, Paradis, ch. xi

les grands deuils de la vie. Une grotte sauvage du mont Soubase, aux environs d'Assise, lui offrit ce qu'il cherchait, l'ombre, le silence et le recueillement. Il s'y cacha pendant un mois.

Là, seul avec Dieu, il le conjurait avec larmes de lui pardonner les années d'oubli de sa jeunesse et de diriger désormais ses pas dans les droits sentiers de la perfection. Quand il sortit de cette caverne, il était pâle et défait, comme s’il se fût livré à un travail au-dessus de ses forces. En revanche, son âme était remplie d’une joie qu'il épanchait quelquefois, en mots voilés, dans le sein d’un ami, un des jeunes gens de son âge, le seul qui lui fût resté fidèle. « J'ai trouvé un trésor, lui disait-il, j'ai trouvé un trésor. » Ce trésor, dont il n'indiquait pas la nature, c'était cette perle précieuse dont il est parlé dans l'Evangile et pour laquelle on doit ‘abandonner tout le reste : c'était le royaume de Dieu, perle immatérielle dont l'éclat captivait le regard de son âme, et qu’il tenait en si haute estime que, pour l'acheter, il se sentait prêt à tout vendre, à tout sacrifier. Seulement, il ne savait comment en acquérir la possession, et il priait (1)!

C’est une loi de l'ordre surnaturel que, lorsque Dieu admet une âme aux joies de ses communications intimes, il permette aussi aux anges des ténèbres de s'approcher d'elle pour la tenter : loi rigoureuse, mais parfaitement sage,

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