‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 55 sur 260 · Tres socii, c. vi. — L'histoire ne nous fournit pas · texte numérisé non relu

Tres socii, c. vi. — L'histoire ne nous fournit pas

Au milieu de tant d'épreuves, notre Saint continuait son œuvre avec courage, en prévision de l’avenir. « Venez, criait-il aux passants, aidez-nous à finir ; car vous verrez fleurir ici un monastère de pauvres dames, dont la sainte vie et la réputation feront glorifier le Père céleste dans toute l'Église. » Prophétie qui se réalisa cinq ans après, lorsque Claire et ses compagnes vinrent se fixer en ce lieu (1).

C'est ainsi que François acheva l'année 1207, dans le travail, la prière et le dénuement le plus absolu. Après l'église Saint-Damien, il entreprit de réparer deux autres sanctuaires, situés, comme le premier, aux portes d'Assise. L'un était dédié à saint Pierre ; et notre Bienheureux voulut ouvrir l’année 1208 par la restauration de cet édifice, restauration qui ne lui demanda que fort peu de temps, grâce aux abondantes aumônes de ses concitoyens. L'autre était une étroite chapelle, recommandable par son antiquité. Bâtie l'an 352 par de saints ermites venus de la Palestine, successivement occupée, à partir de 516, par les moines du Mont-Cassin, de Cluny et de Citeaux, on l'avait tour à tour nommée Sainte-Marie de Josaphat, à cause d'une précieuse relique du sépulcre de la sainte Vierge : puis la Portioncule, parce qu'elle s’éled'autres renseignements sur le père et le frère de saint François. Certaines pièces notariées, découvertes dans ls archives du Sagro-Convento par Cristofani et citées dans son Histoire d'Assise (1. Il), font supposer que le

premier était mort en 1215, et le second en 1228. 1. Tres socii, c. VIL

6o SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

vait sur une parcelle de terrain qui appartenait aux Bénédictins du mont Soubase ; enfin, Notre-Dame des Anges, en raison des apparitions. célestes dont elle était fréquemment le théâtre. Lieu de pèlerinage autrefois célèbre, mais pour le moment abandonné, elle tombait en ruines, etses murailles délabrées servaient de refuge aux pâtres et aux troupeaux dans la mauvaise saison. Notre Saint déploya toutes les ressources de son zèle pour arracher à l'oubli des peuples et aux outrages du temps un sanctuaire si vénérable. A vant la fin de l’année 1208, il l'avait rendu à son culte séculaire, et l'avait rétabli dans sa primitive splendeur.

Cependant, sa tâche n’était qu'ébauchée; car, selon la judicieuse réflexion de ses historiens, ces trois temples n'étaient que la figure des trois Ordres qu'il était appelé à fonder (r). Mission grandiose, mais qui était alors pour lui un secret impénétrable ! Il voulait à tout prix aborder aux rivages de la perfection chrétienne ; mais par quelles voies! Il l'ignorait ; et dans ses longues veilles au pied dela Madone, il suppliait l'Etoile des mers de veiller sur la frêle nacelle de son âme, d'orienter sa course et de tenir ellemême la barre du gouvernail. Il était plein de confiance, semblable à ces marins audacieux qui, voguant sur les flots d’un océan inexploré, saluent de loin le port dont ils ont pressenti l'existence. Ce port, Dieu le montra enfin, dans

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