Tres socii, c. x
2, Ibid., c. XIV
dent ses ordres. Il leur partage l'univers en forme de croix, les envoie deux à deux dans trois directions différentes, se réservant la quatrième pour lui et ses compagnons, et dit à chacun en particulier, d'un ton pénétrant et affectueux : « Mets ta confiance dans le Seigneur, et lui-même prendra soin de toi (1). »
Suivons un instant par la pensée les pas deces anges de paix et de bénédiction. À tous ceux qu'ils rencontraient, ils adressaient cette salutation que leur bienheureux Père leur avait enseignée : « Que le Seigneur vous donne sa paix ! » Dès qu'ils apercevaient une église, leur premier soin était d'aller s’y prosterner et d’y réciter cette belle prière, qu'ils tenaient également de saint François : « Nous vous adorons, ô Seigneur Jésus-Christ, ici et dans toutes vos églises qui sont par toute la terre, et nous vous bénissons d’avoir racheté le monde par votre sainte croix. » Leur demandait-on quel était leur pays, leur profession, ils répondaient humblement : « Nous sommes des pénitents venus d'Assise (2) » ; car ils n’osaient pas encore se donner lenomdereligieux. Leur prédicationétait simple et sans recherche : ils se contentaient de rappeler brièvement quel est le chemin du ciel. Ils acceptaient avec reconnaissance le pain qu'on leur offrait, mais jamais d'or ni d'argent, priaient pour leurs persécuteurs, et. quand ils se trouvaient sans abri, se félicitaient d’avoir ce