I. Tres socii, c. 1X; et BONAV., c. ill
ses vœux (1). Sa reconnaissance a traversé les siècles, et ses fils se plaisent à redireaujourd’hui comme il y a six cents ans, que c’est aux disciples de saint Benoît qu'ils sont redevables de leur premier établissement, de leur premier lieu de prière. |
François vint immédiatement avec ses Frères occuper la Portioncule, pour y continuer la vie de pénitence qu'il y avait inaugurée. Ah ! qu’elles furent douces les émotions qui firent battre son cœur, lorsqu'il prit possession, au nom de la Reine du ciel, de ce petit coin de terre trois fois béni ! Qu'ils furent brûlants les accents de gratitude qui montèrent alors de cette chapelle vers le trône de la Vierge immaculée! Le choix même du lieu rappelait tant de souvenirs, excitait tant d'espérances dans le cœur du serviteur de Dieu! C'était là que Pica l'avait consacré d'avance à Marie ! C'était là qu'il avait fait ses premières armes dans les rudes combats de la pénitence, et que son œuvre était née d'un sourire de Marie! C'était de là qu'il était parti pour aller se prosterner aux genoux du successeur de Pierre ! Tant de bienfaits ne proclamaient-ils pas assez haut que Marie entendait rester la patronne de son Ordre, après en avoir été la mère ? N’était-ce pas à son ombre et sous son manteau d'azur que ce même Ordre devait croitre et prospérer ?
Telles étaient les pensées qui roulaient dans
1. TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. xvi; et Tres socii, C. XIII.
son esprit. Pour mieux s'assurer la protection de celle qui est lavocate du genre humain, il voulut dès la première heure lui confier ses joies pour le passé, ses sollicitudes pour l'avenir ; et transportant dans la vie religieuse un des usages les plus sacrés de la chevalerie, il fit sa veillée d'honneur et passa la première nuit en prières aux pieds de sa Souveraine, comme s'il eùt dû être armé chevalier de Jésus et de Marie: il le fut en effet. L'’auguste Vierge lui apparut environnée d'une multitude d'esprits célestes, et, lui souriant avec amour, lui fit entrevoir les glorieuses destinées du sanctuaire d’où devait sortir la rénovation du xur° siècle. Au point du jour, il se leva et s’écria à l'exemple du patrtar- . che Jacob : « Véritablement, c’est ici un lieu saint et la demeure du Frès-Haut (1). »