‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 7 sur 260 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

fausses ou à travers des restrictions que réprouve la saine critique.

Gebhard, dans son Italie mystique, place saint François entre Arnaud de Brescia et Frédéric II, et en fait un réformaleur indépendant prét à secouer le joug de la Papauté et travaillant dans le même sens que le tribun et le despote, c’est-àdire, « à faire rentrer l'Eglise dans la voie primitive (!) ». Étranges appréciations qui ne ressemblent pas plus à la vérité que l'esprit révolté d’Arnaud et le cœur souillé de Frédéric II ne ressemblent à l’âme soumise et pure du Patriarche d'Assise!

Paul Sabatier mérite les mêmes reproches pour sa vie de saint François d'Assise. Critique éminent, 1l n'a pas su résister aux tendances protestantes qui l’'entraïnaient hors de la voie, et a gäté Les plus belles pages de son livre par de grossières injures contre le culte des saints et contre la Papauté. C'est le motif pour lequel son ouvrage a été mis à l’index.

Renan, dans ses Études d'histoire religieuse, porte sur saint François un jugement plus équitable, mais il y méle une formule restrictive aussi inadmissible que les imputations précédentes. « Nous avons la preuve, écrit-1l, que le caractère réel de François d'Assise répond exactement au portrait qui est resté de lui, sauf les circonstances miraculeuses. » Cette restriction voulue nous dévoile le plan caché de l’école rationaliste, lequel se résume en deux mots : s’arroger, au nom de la science, le monopole de la critique, puis, au nom de cette critique, ériger en dogme l'exclusion du surnaturel. Dogme nouveau, mais peu solide ; car il a contre lui les lois fondamentales de l'histoire, non moins que les règles de la saine logique. Un

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