PRÉFACE IX
instant de réflexion suffira pour s'en convaincre.
L'histoire se fonde, tout le monde en convient, sur l'authenticité des documents et la valeur des témoins, et les témoins, à leur tour, ont d'autant plus d'autorité qu'ils sont plus rapprochés des événements, plus éclairés, plus consciencieux. Le propre de la critique est d'examiner et de choisir, d'accepter ceux qui méritent créance et d'éliminer les autres.
Rappeler ces principes inattaquables, n'est-ce pas renverser du même coup le faible échafaudage sur lequel s'appuie la négation rationaliste? Un François d'Assise à la mode de Renan, sans visions, sans miracles, serait peut-être encore un héros populaire, un initiateur, un grand homme; mais il ne serait plus le saint François de l'histoire; et l’histoire, qui doit prévaloir sur tous les systèmes, nous oblige à peindre le fils de Pierre Bernardone tel que nous le représentent les documents contemporains, c’est-à-dire avec la double auréole de ses vertus et de ses miracles. Ce devoir, on nous saura gré de l'avoir consciencieusement rempli; on nous saura gré d’avoir lutté de toute l'énergie de notre âme contre le courant naturaliste qui emporte notre génération et d'avoir, au besoin, restitué à notre Bienheureux sa physionomie originale, à sa mission dans le monde son cachet providentiel, aux créations de son zèle leur caractère essentiellement catholique et bienfaisant.
L'histoire est pour nous; la logique, également. Car, que le Maître de l'univers puisse intervenir dans son empire, n'est-ce pas là, après tout, une question de bon sens? Et le philosophe de (Genève n'a-t-il pas mille fois raison de dire : « Dieu peut-