MICHELET, loc. cit
nisme {1)». Menace grosse de conséquences !
Supposez le succès de leurs armes, et c'en était fait de l'Europe, de la chrétienté, de la civilisation.
Ainsi, partout l'idée chrétienne était attaquée, et partout la croix penchaïit, sans que le veilleur d'Israël pt voir d’où viendrait le salut. Mais pourquoi désespérer, lorsque le Verbe incarné, vainqueur de la mort et de l'enfer, a promis d'assister son Eglise et de veiller à ses destinées immortelles ? L'heure des désespoirs, voilà l'heure de Dieu par excellence, c'est-à-dire le moment pour lui de se montrer et de sauver ce qui semblait perdu ! Et pour opérer ce prodige dans l'ordre social, il n’a besoin que de produire un phénomène semblable à celui qu'il produit tous les jours dans les profondeurs de l'Océan. Là, tout à coup le vent souffle, la mer monte, et ses flots ont bientôt couvert les sables du rivage. Il en est de même dans l'ordre moral : à un moment donné, Dieu envoie un souffle divin qui agite les masses, les pousse vers le Christ, et renouvelle la face de la terre. Ce souffle divin passait alors sur l’Europe occidentale, et soudain l’on voyait apparaître, comme autant de Ebérateurs, Innocent III sur le siège de Rome, Louis IX sur le trône de France, la douce Elisasabeth de Hongrie en Allemagne, et Simon de Montfort, « ce type de la loyauté chevaleresque (2) », dans les champs du Languedoc. En