‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 9 sur 260 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

il déroger aux lois qu'il a établies ? Cette question sérieusement faite serait impie, si elle n’était absurde. Ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de le punir; il faudrait l'enfermer. Mais aussi quel homme a jamais douté que Dieu püt faire des miracles ?(1).»

Le Créateur est-il intervenu en réalité dans la vie du Patriarche d'Assise? C’est aux contemporains du héros de donner la réponse. Ils l’ont fait, dans des récits qui n'ont rien de fantaisiste ni de légendaire. Ce qu'ils savaient, ce qu'ils avaient vu, ce qu'ils avaient entendu, ils l'ont ingénument raconté, tous avec un accent de sincérité qui s'impose, tous avec un sentiment profond de la mission d'historiens dont ils étaient officiellement investis. C'est à eux que nous avons emprunté les grandes lignes et les contours d'un portrait que, comme eux, nous voudrions exact et fidèle.

À leur tête se place Thomas de Célano, disciple et confident du réformateur ombrien, esprit pénétrant, témoin fidèle qui rapporte ce qu'il a vu et entendu, dans un langage clair, imagé, où se retrouve l’auteur du Dies iræ. Hagiographe officiel de l'Ordre (2), il mérite toute créance. Il composa deux biographies du Saint, deux légendes comme on disait au moyen âge : la première sur l'ordre de Grégoire IX, vers 1229, c'est-à-dire immédiatement après la mort de saint François; la seconde en 1246, sur l’ordre de Crescent de Jési, qui gouvernait alors la famille franciscaine (3). La

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