TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. LxXxII
notre Congrégation s'appelle l'Ordre des Frères Mineurs (1).
Après l'humilité venaient les trois grands vœux qui constituent l'essence et la beauté de la perfection religieuse : la chasteté, l'obéissance et la pauvreté.
La chasteté est la noble revanche de l'esprit sur la chair; elle saisit l’un et l’autre pour les consacrer à Dieu. La modestie en est le reflet. Dans l'apôtre ces deux vertus doivent marcher de pair. C'est la leçon que donnait un jour le saint fondateur sous une forme piquante. «< Mon Frère, dit-il à un novice, allons prêcher. » Aussitôt il monte À Assise, parcourt les rues de la ville et rentre au couvent, sans avoir proféré une seule parole. « Et notre prédication ? demanda le novice. — Elle est faite », répliqua le Saint, voulant faire entendre par là qu'un extérieur modeste et recueilli produit souvent plus d'effet sur les foules que le discours le plus éloquent (2). Il aimait ces leçons de choses, et cette légende, dont nous ignorons la source, n'a rien que de vraisemblable, rien que de conforme au génie éminemment pratique que nous lui connaissons.
C'est l'obéissance qui, dans l'arche sainte du monachisme, tient le gouvernail et pointe le cap vers Ja rive éternelle. En habile pilote, François l’exigeart ponctuelle, immédiate, universelle, Il