TH. DE CELANO, Vita secunda, p. II], c. Lxxxu et
feuilles montèrent jusqu’à la ceinture du coupable : «< Mon Frère, lui dit-il, es-tu mort ? — Oui, mon Père, répondit le religieux ; je me repens de ma faute, et je reconnais que j'ai mérité la mort. — Puisque tu es véritablement mort au monde et à toi-même, comme doit l'être tout bon religieux, reprit l'excellent maître, lève-toi et viens. Mais obéis désormais au moindre signe, et ne résiste pas plus qu'un cadavre à la volonté de tes supérieurs ; car je veux pour disciples, non des vivants, mais des morts (1). » Toujours il exige cet oubli de soi-même, cet anéantissement du vieil homme, comme étant la base de l'édifice spirituel.
Toutefois, sa vertu favorite, celle dont il voulait faire sa flèche choisie pour frapper au cœur une société affolée de luxe et de jouissances, c'était la pauvreté évangélique, c'est-à-dire un renoncement absolu, perpétuel, aux biens de la terre. Il lui avait voué un culte chevaleresque ; elle était la dame de ses pensées, son épouse, sa souveraine. Îl s’en montrait en toute circonstance le défenseur et, selon l’énergique expression de Bossuet, « le plus désespéré amateur qui ait peut-être été dans l'Eglise (2). »
« Jamais, s’écrie Thomas de Célano, jamais indigent ne soupira après la fortune avec autant d’ardeur que François après un total dénuement. Jamais riche ne veilla sur ses trésors avec autant de soin que lui sur cette perle évangélique