‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 94 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. II, c. 1et vint · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. II, c. 1et vint

se croyait obligé de donner l'exemple à tous et se temaït au mikieu de ses Frères. comme l'aigle qui porte ses petits sur ses ailes et les excrte à voler (1). .

Quels étaient, pour les disciples, les fruits d'une formation si bien ordonnée? On le devime aisément. C'était d'abord la confiance, cette pleine confiance qui naît de l'estime qu'on a pour un homme supérieur, et de Fa vénération qu'on ressent pour un saint. C'était ensuite, entre eux, wne parfaite harmonie d'idées et de sentiments. Unis dans une méme foi, régis par la même règle, n'ayant qu'un cœur et qu'une àäme, ils ne parlaient qu'une langue, celle de l'amour, et formaient ærmst, selon la pensée du fondateur, une vraiefraternité, c’est-à-dire une communauté de frères. C'était enfin une généreuse émulation dans les sacrifices, un suave parfum d'abnégation et de dévouement dont la bonne odeur se répandaïit au loir.

A msi le couvent de la Portioncule offrait tous les contrastes. Au dehors, les privations et le dénuement ; au dedans, une sainte allégresse et l'union des volontés. Au dehors, le soin des képreux et les officesles plus pénibles à la nature ; au dedans, la jore du devoiraccompli et les consolations spirituelles prodiguées. Au dehors, les. apparences d’une prison; au dedans, une sorte de paradis terrestre où régnait l'opulence de la paix, parce que Dieu y régnait en maître.

1. TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. vrti. — CF. Tres socii, c. XIV.

Nulle trace de ces noirs chagrins, de cette oppression des consciences, de ce fanatisme aveugle que la libre-pensée reproche aux cloitres!

Coin de terre vraiment privilégié, le Très- Haut y semait ses bénédictions. « Les vocations affluaient ; clercs et laïques, patriciens et plébéiens accouraient à l'envi», heureux de se donner à Dieu, heureux de se dévouer au service de leurs frères. Un grand souffle de foi les soulevait jusqu’à la hauteur d’un héroïsme quotidien ; et dans cette vallée d'Assise germaient toutes sortes de vertus, qui ne demandaient qu’à s'épanouir au grand soleil pour répandre leurs parfums et donner tous leurs fruits. « Et c'est au zèle du Réformateur ombrien qu'était due, après Dieu, cette riche floraison monastique » qui embaumait la terre et réjouissait le ciel (1).

Est-il rien de plus frais, rien de plus gracieux que ce tableau, où l’on reconnaît sans peine la touche délicate de Thomas de Célano ? La réflexion qui le termine explique le présent chapitre. C'est qu'en effet, la Portioncule est le berceau de la vie franciscaine ; et les disciples du saint Patriarche devront toujours y revenir, s'ils veulent garder dans leur sein l'esprit qui présida à la formation des premiers-nés de leur famille religieuse.

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