LES TROIS ÉTAPES D
UNE CONVERSION 43 GS se ——. TU Parce qu’en ce monde il sensible du Très Haut Fi Très Saint Corps et son Sang Précieux ; or ce sont eux qui le Consacrent, le reçoivent et l’administrent aux autres, ’’
On conçoit qu'avec de Sacerdoce, F rançois n'ait j
ne nous reste rien de ls de Dieu, sinon son
tels sentiments du amais osé en désirer
» Pour y prau’il avait déjà
ent que moins il créatures, en soi et plus il aurait Je droit d'en } du Créateur. I] projetait de PR se dépouiller entièrement Pour avoir le droit
de compter plus entièrement sur Dieu. C'est
dans le but de s'éprouver lui-même, nous disent
les Trois Compagnons dans leur Légende, et | POur savoir jusqu'où il était capable de suivre { l'attrait de la grâce qu’il partit pour Rome.
espérer de Ja part
Aux yeux de tous, son voyage serait un pèlerinage au Tombeau des Saints Apôtres Pierre et Paul. Mais lui savait ce qu'il ferait à l’abri des regards qui auraient pu intimider sa résolution encore vacillante.
Il partit donc et tout droit alla s’agenouiller à la Confession du Prince des Apôtres.
Après avoir fait sa prière dans ce saint lieu, il remarqua avec peine, que dans le concours des pèlerins, les uns offraient peu de chose et que les autres ne donnaient rien du e
‘Quoi donc, s'écria-t-il, la dévotion e. 2lle ainsi refroidie ? Comment les hommes n'’of-
frent-ils pas tout ce qu'ils ont, et ne s’offrentils pas eux-mêmes dans un lieu où reposent les précieux restes du Prince des Apôtres ?
Comment ne décorent-ils pas avec toute la magnificence possible cette pierre sur laquelle Jésus-Christ a fondé son Eglise ? ’ Et en disant ces mots, il prit tout l'argent qu’il avait sur lui, et le jeta à pleines mains, par l’ouverture de l’autel d’où il alla tomber à grand bruit sur le saint tombeau, à la grande surprise de tous les assistants ! Au sortir de cette
en
église, de ses
e d'accomplir son Mystérieux dessein. Il attire à l'écart le plus déguenillé de la troupe, échange ses riches vêtements contre les haillons du misérable, Va prendre pl-se au milieu des nécessiteux et demeure ainsi le reste de la journée, men-
diant et priant à hente voix en langue fran- Gaise. Le soir, il Partasea entre ses compagnons les aumônes qu’il avait reçues et reprit ses vêtements, non sans une grande largesse au pauvre qui les Jui rendait,
Ainsi foulait-il aux
Yer paternel, respi.
rant la sainte allégresse de la Pénitence, et priant Dieu avec une nouvelle ardeur de conduire ses pas dans la voie de la Sainte Pauvreté.
Un matin que François Méditait dans la
campagne aux environs d’Assise, il entra dans une pauvre église consacrée à Saint Damien, si vieille et si délabrée qu’elle menaçait ruine. Là, prosterné sur la pierre, devant un crucifix, il prononça trois fois, par un mouvement du Saint-Esprit, cette belle et fervente prière qu’il répéta souvent depuis: ‘Grand Dieu, plein de gloire ; et vous, mon Seigneur Jésus-Christ, je vous prie de m'éclairer et de dissiper les ténèbres de mon esprit, de me donner une foi pure, une ferme espérance et une parfaite charité. Faites, Ô mon Dieu, que je vous connaisse si bien qu’en toutes choses je n’agisse jamais que selon vos lumières et conformément à votre sainte volonté.” Il regardait fixement le crucifix, les yeux baignés de larmes, lorsqu'une voix, sortant de ce crucifix, lui fit entendre trois fois ces mystérieuses paroles : ‘Va, François, et répare ma maison que tu vois tomber en ruines. ”
A cette voix du Ciel, le saint jeune homme demeura immobile: un saisissement mêlé de crainte et d'amour s'était emparé de tout son être ; et il fut ravi en esprit. Ces paroles
hu:
ten Fra qu’ Fra,
il trouva le prêtre, nommé Pierre, qui la desservait, et lui Présentant une offrande, dit: “Je vous en prie, Maître, avec cet argent achetez de l'huile et faites brûler jour et nuit une lampe devant ce Crucifix, * Puis
£n0, où il vend et Marchandise et cheval, et revient en apporter le produit au vertueux prêtre de Saint-Damien, à qui il l'offre avec respect pour la réparation de l'église et pour le soulagement des pauvres. Il le prie aussi humblement de souffrir qu'il reste quelque temps chez Jui. Le prêtre Consent à recevoir François, mais il refuse Son argent, parce
plus aux bonnes œuvres, le jette avec dédain sur une fenêtre de l’église.
Bernardone, apprenant au retour d’un voyage ce que son fils avait fait, vint à Saint- Damien, fort en colère, avec quelques uns
de ses amis. François, nouveau chevalier, encore peu aguerri au combat, eut peur: il se cacha dans la chambre du prêtre. Blotti derrière la porte, il se serra tout tremblant contre la muraille, dans laquelle il enfonça, par un rare prodige, et échappa ainsi à la fureur de son père. De même que l’on vénère encore à Assise le crucifix miraculeux, ainsi l'on montre, et nous l’avons vu nous-même, à Saint-Damien, cet endroit sous forme d’une niche profonde, au fond de laquelle on a peint üne touchante image de Saint François.
Quand son père fut parti, il se retira secrètement dans une caverne qui n’était connue que d'un domestique, dont il recevait les choses nécessaires à la vie, et où il priait continuellement avec une grande abondance de larmes, pour obtenir la grâce d'être délivré de ceux qui le poursuivaient, et d'accom-
plir ce que Dieu lui avait inspiré, Après y avoir passé un mois, il fit réflexion que c'était en Dieu seul qu'il devait mettre son espéfrance, sans compter sur ses propres forces ; et cette pensée le remplit d'une joie intérieure qui releva son Courage abattu. Se reprochant alors sa lâcheté, il sort de Sa caverne, bannit toute crainte et se dirige vers la ville, plein d'ardeur, joyeux, allègre, content, intrépide. Les habitants d'Assise le Voyant tout changé et son visage maigre et défait, se dirent entre eux : ‘Il est devenu fou | ” On le couvrit de boue, on lui jeta des pierres, on le Poursuivit avec de grandes huées. Mais François était sourd et insensible à toutes ces injures, et, dans son cœur, il rendait à Dieu des actions de grâces de porter ainsi devant les hommes les marques de la sainte folie de la Croix.
Pierre Bernardone était dans sa boutique, lorsqu'il entendit le tumulte qui montait de la rue et qui semblait s'approcher de la maison : éclats de rire, huées, cris de diverses voix. Il fit signe à l'un des apprentis d'aller voir ce que cela pouvait être.
— Un fou, Messer Pierre |. rapporta-t-il dédaigneusement. C’est un fou que les gamins s'amusent à poursuivre. Puis comme avant de rentrer il jetait un dernier regard dans la rue, il blémit ; il venait de reconnaître qui était le fou.
L’instant d’après, Pierre Bernardone était au milieu de la rue, tapant de droite et de gauche sur les impitoyables gamins, furieux pour ne point pleurer de honte et de rage.
Son fils délivré, sa colère se retourne contre lui. Ce fils, dont les premiers et brillants succès l'avaient enivré d’orgueil et d'espérance, était maintenant l’objet de la risée publique! Il se jette sur François comme un loup sur un innocent agneau, l’accable de reproches et de coups, lui ordonne de quitter ces extravagances, et de reprendre sa vie et ses occupations accoutumées. Mais le voyant insensible à ses menaces comme à ses prières, il l’enferme sous un escalier, dans un recoin obscur de sa maison, et jure qu'il l'y retiendra prisonnier tant qu’il n’aura point promis de changer de vie. François, soutenu par la voix
LES TROIS ÉTAPES D'UNE CONVERSION SI minuennee— S de Jésus-Christ qui lui avait révélé Sa vocation, souffrait cruellement d’affliger son père
et de lui résister ; Mais, en même temps, Son âme était remplie d’une joie toute céleste, en pensant qu’il expiait les frivolités de sa jeunesse, qu’il souffrait Persécution pour la i justice, et il répétait avec ravissement cette l Parole .de Saint Pierre : ‘‘I] Vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes |»
On ignore combien de temps dura l'épreuve de cette dure Captivité; mais On sait comment elle prit fin. Pica, la pieuse mère de François, pleurait comme
rmes, et ne tarda ’était Dieu lui-même ystérieuse conduite.
mière absence de son nçois la porte de sa Tement embrassé, elle e la voie où le Seigneur emercia sa pieuse mère, à l'heure même, à l'église de
et retourna,
Saint-Damien, bénissant Dieu de tout ce qu'il avait à souffrir pour son amour.
Pierre Bernardone, à son retour, fit à sa femme de sanglants reproches et alla rechercher son fils ; celui-ci, fortifié intérieurement et tout rempli de l'esprit de Dieu, se présenta bravement à son père et lui dit d’une voix assurée : ‘‘ Mon père, je compte pour rien désormais vos Coups et votre prison : et c’est avec bonheur que je souffre pour l’amour de Jésus-Christ, mon divin Maître. ” Son père, le voyant résolu, inébranlable, ne pensa plus qu’à se faire rendre l'argent de l'étofte et du cheval. L'ayant trouvé sur la petite fenêtre où François l'avait jeté, lors du refus du prêtre, sa colère S’apaisa un peu. Mais son avarice ne fut pas satisfaite : il soupçonna François d'avoir d’autre argent en réserve et porta ses plaintes aux Magistrats de la ville. Il voulait d’ailleurs arracher à son fils une renonciation à tout ce qu’il pouvait espérer de son patrimoine.
Cité devant les magistrats par un héraut, François répondit : ‘Je suis entré, par la
grâce de Dieu, dans la serviteurs : je n'ai les Magistrats civils.
A cette époque, un Prélat, homme de bien, nommé Guido ou Guy, deuxième du nom, natif de Rome, occupait le siège épiscopal d'Assise, Plein d’une bonté affectueuse et prévenante pour François, il fut son ami, son Protecteur et son directeur spirituel, Bernardone fit appeler T-ançois qui lui répondit :
‘J'irai trouver le Seigneur évêque, qui est le père et le maître des âmes, ’’ Nous avons vu comment se termina l'audience où l’évêque avait Convoqué le père et le fils. François
A renonçant soudainement à toute attache terrestre se jeta dans le sein de Dieu. Selon la parole de Saint Jérôme et de la liturgie franciscaine que devait par la suite emprunter l’auteur de l’Zmitation : I] s’élança nu sur les traces de Jésus-Christ nu : Nudum nudus sequitur ! ”?
Le mouvement qui dépouilla François de ses vêtements fut peut-être un acte de néophyte tont brûlant de sa ferveur première ; et la fougue de sa nature ardente s’y précipita, sous l'impulsion de l'Esprit £aint, dans une œuvre que ses conséquences révélèrent divinement préordonnée. Mais le jour où Fran- Çois l’accomplit est capital dans sa vie. I] marque le pas décisif dans la voie où Dieu va l’entraîner. Le désenchantement qui suivit sa maladie, la vision de la Pauvreté au sortir d’un festin, ont Préparé ce jour.
D’autres jours, dans la vie de François, auront leur portée bien distincte et leur sublimité. Le 16 avril 1209, jour de sa profession religieuse entre les mains d’Innocent III, le 17 septembre 1224, jour de sa stigmatisation
En, à