E CONVERSION
sur le Mont Alverne, <t glorieux. Le Premie d’une action d'inco exercée sur Je mond
seront des jours féconds r sera le point de départ Mmensurable Puissance e et sur l'Eglise, sur les ples, jusqu’à Ja fin des ra le COuronnement d’une ine pénitence et d’ini
L'un de ses premiers bi bien Compris l'im
ographes en a très
Portance et i] servé la date: ‘“‘L>
nation du Seigneur.
Mai, le Seigneur,
en a conan MCCVIII de l’Incar- » le 16e jour des calendes de Voyant que son peuple oubliait ses commandements, voulut bien dans Sa miséricorde infinie envoyer des Ouvriers dans son Champ; et c'est ainsi un homme qui était da nommé François..
qu'il inspira ns la ville d'Assise, +” Ainsi parle l'Anonyme
56 VIE DE SAINT FRANÇOIS a de Pérouse, écrivain qui tenait ses renseignements des disciples immédiats du Saint, peutêtre même du Frère Egide d'Assise. Or le 16e jour des calendes de mai MCCVIII correspond, dans n°tre manière présente de compter x au 16 avril 1207. François avait alors vingtcinq ans.
Ê chose fort intéressante, dit un pieux auteur (1), que de connaître avec quelque détail, le visage et les qualités naturelles des saints que nous aimons et que nous admirons. Certes, ce n’est pas cela que nous admi- Tons principalement et que nous aimons en eux : c’est leur sainteté, ce sont leurs divines vertus, c’est l'épanouissement de la vie de Jésus-Christ en eux. Néanmoins, connaître leur extérieur et leur fidèle ressemblance donne un intérêt singulier à Ja Contemplation de leur sainte vie et à Ja Méditation de leurs vertus. Notre bienheureux et bien-aimé Père Saint François était, disent les chroniques contem- Poraines, plutôt petit que grand, mais bien pris dans sa taille, Il avait le beau.type, si fin st
(1) Mgr de Ségur, de vénérée mémoire.
et si distingué, des populations de l'Ombrie et des Apennins. Dans son adolescence, il passait pour ‘‘la fleur de la jeunesse d'Assise ?’ ; et ses gracieuses qualités physiques étaient relevées par l'innocence de ses mœurs et par la paix que Notre-Seigneur répand toujours sur le visage des jeunes gens bons et purs.
François avait la tête ronde et bien faite, le visage ovale et plutôt un peu long. Son front était beau et large; son nez bien proportionné; sa bouche régulière était animée d’un charmant sourire. Il avait les dents blanches, fines et bien rangées ; la face joyeuse et douce ; les oreilles petites. Ses beaux yeux noirs étaient pleins de douceur et de modestie. Sa peau, belle et fine, était assez brune ; ses cheveux étaient châtains, et sa barbe, noire et peu fournie, {1 était naturellement assez maigre, et d’une comple: on très délicate. Sa parole était agréable, ferme, vive, animée ; sa voix était forte et claire, à la fois douce et sonore. L'ensemble de son visage et de sa Personne était singulièrement sympathique et lui gagnait d'avance tous les cœurs. Ce bien-
heureux Père Plaisait
à tout le monde, disent temps. La joie, la séréestie, Paraissaient tou- Il était naturellement
Caractère souple et faci des autres, se faisant les Saints, et si humb] cheurs, qu'il semblai cheur. Dans la con avec grâce ; il était fi
le, se pliant à l'humeur L
tout à tous, saint avec HE € avec les pauvres pé- te t être lui-même v péversation, il s’énonçait n et délié dans ses rai-
Lorsqu'il préchait apprêts du beau lang d’un envoyé de Jé parlait avec une
Mb, FT À dédaignait tous les
age, les jugeant indignes sus-Christ. Néanmoins il
éloquence entraînante, beaucoup d'esprit, de jugement et de
cité. Il'avait une excellente mémoire était vibrante,
facile, naturelle
avec
viva- ; Sa voix Sonore et agréable j Sa parole, » Persuasive, I] prêchait avec
toute la véhémence et tout le feu que donnent une charité ardente, une foi profonde et toutes les tendresses d’une piété pleine d’amour. Une vertu divine assistait continuellement l’homme de Dieu et pénétrait à la fois les esprits et les cœurs. Dès qu’il paraissait quelque part, les populations accouraient pour voir et entendre cet homme nouveau que Dieu leur envoyait. Il semait les miracles sur ses pas, guérissant les malades, chassant les démons, ressuscitant les morts, prédisant l’avenir, commandant à la nature et s’en faisant obéir... “Tel était notre Père Saint F rançois, au témoignage de ses contemporains, dont Célano s'est fait l'écho fidèle. »?
Ces mêmes auteurs, en parlant de son angélique pureté, nous assurent tous, d’un témoignage unanime, que notre Père Saint F rançois garda jusqu’à la mort l'innocence de son baptême. Et le Frère Léon nous assure, lui, qu’il l’a appris par révélation : “ Je vis en songe, dit-il, notre bienheureux Père debout, sur la cime d’une montagne, au milieu d'un parterre de fleurs, et tenant un beau lis à la main ; et
LE PAUVRE DE DIEU 6r
Comme je demandais quel était le sens de cette vision, une voix céleste me répondit que ce lis
vangile qu’il entendit un jour de février de l'an 1209, dans la chapelle de la Portioncule : “Ne prenez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans vos ceintures, ni Sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton : car l’ouvrier mérite sa nourriture, En quelque ville Ou quelque village que vous entriez, informez- Vous qui y est digne, et demeurez chez lui jus-
si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle ne l’est Pas, que
pe nn ins
votre paix revienne à vous. ”’ François comprit que ces paroles lui traçaient son genre de vie, qu'il devait désormais ‘‘ vivre selon la forme de l'Evangile, ”’
Cette pauvreté pratiquée avec l'exactitude dont sa vie fait Preuve se trouvait être l’application logique, rigoureuse, implacable, d’une maxime essentiellement chrétienne :
écarter tout ce qui ne va pas à l’unique but, se débarrasser de ce qui n'est pas l'unum necessarium. Notre vie n'est-elle pas encombrée d’une foule de superfluités, embarrassée de soins multiples et vains ? Il faut l’alléger, la simplifier. La pauvreté, avec son dépouillement de ce qui *st devenu pour beaucoup, par routine et par mollesse, l'indispensable, remplira cet office.‘ Elle imposera des renoncements qui seront douloureux, elle demandera d’intimes sacrifices à l'amour-propre, le commun des hommes estimant leurs semblables en raison de leurs richesses. Mais une fois que l'âme se sera décidée à ces retranchements, quelle liberté elle aura conquise, avec quelle force d’élan elle se portera vers l'idéal |
alles at 7
DE CE re 2 William James, protestant américain, 4
Cependant vu juste
ses Contemporains,
Méconnaissent la
vreté. “On peut
Pauvreté :
che matérielle, ’âme, le dédain viril le droit de donner sa moment Sponsabilité ; en un mot l'âme toujours tendue, et toujours prête au combat, »’ L'esprit de Pauvreté, chez Saint François d’Assise en particulier, n’est Pas seulement un esprit de simplification Procédant d’un calcul
plus ou moins conscient. C’est encore une loi de l'amour. Le saint se détache de la créature Parce que le Créateur lui suffit. Le créé lui devient indifférent, en tant que créé, parce que l’Incréé le ravit tout entier. Et, dans ce détachement, Saint François d’Assise met cet enthousiasme amoureux, cette ardeur d’amour qu’il a pour l’objet même de son unique attachement. Il chantera la Pauvreté comme l’auteur de l'Zmitation chante l'Amour divin et ses merveilles. ‘L'amour vole, il court, il exulte ; il est libre, et rien ne l’enchaîne. L'amour ne sait pas de mesure ; il s’enflamme au delà de toute mesure. ’’
Seulement, chez François, l’ancien familier des cours d'amour, le diseur des belles chansons de chevalerie, le culte de la Pauvreté revêtira la forme d’une personnification. Son premier biographe nous le montre en présence de celle qu'’aima le Fils de Dieu, maintenant rebutée par tous, dont il médite de faire à jamais son épouse. ‘ Epris de sa beauté, il quittera, afin de s’y mieux attacher, non seulement son père et sa mère, mais tout
ce qu’il possède.” Et c’est avec raison qu’un de ses proches disciples, dont le nom reste discuté, a pu décrire les noces myst’ques du bienheureux François avec Dame la Pauvreté.
De cette allégorie, Ubertin de Casale à tiré la prière dite de Saint François pour obtenir le don de Pauvreté, “O Seigneur Jésus, indiquez-moi les sentiers de votre très chère Pauvreté, car je suis tourmenté par son amour, et je ne puis trouver le repos loin d'elle, O mon Seigneur, vous le savez bien, vous qui m'avez rendu épris de ses charmes: voici qu’elle reste à l'écart triste, repoussée de tous. La reine des nations est devenue une femme Veuve ; la reine des vertus est vile et méprisée. Elle gémit sur son fumier, parce que tous ses amis la dédaignent et se sont changés en ennemis; ils se conduisent en adultères, non en époux fidèles. Voyez, Seigneur Jésus : la Pauvreté est si vraiment la reine des vertus que pour elle vous avez quitté la demeure des anges et êtes descendu sur terre, afin de l'épouser dans un éternel amour et d’avoir en elle, d'elle et par elle, des fils parfaits.
Et elle fut votre compagne inséparable, à votre naissance... à la mort. et au delà de la mort.
“Oh! qui n’aimerait donc la Pauvreté par dessus tout ? Je vous demande cette faveur d’être marqué de son Sceau. Je vous conjure de m'accorder Pour toujours à moi et eux miens ce privilège de ne posséder rien qui m'appartienne sous le ciel. *
Et dans cet amour de la Pauvreté, rien de chagrin. François ne veut pas que l'on condamne ceux qui agissent autrement. “Que tous les Frères, dit-il dans sa seconde Règle, soient vêtus d'habits vils et grossiers et qu'ils ne craignent pas de les raccommoder de sacs et d’autres pièces. Mais je les avertis et les exhorte de ne pas mépriser et de ne pas juger les hommes qu'ils voient se vêtir d’habits fins et éclatants, et user d’aliments et de breuvages délicats. Mais plutôt que chacun se juge et se méprise soi-même.’ Au surplus, sa maxime était que chacun garde sa vocation et vive selon ce qu’il aura décidé devant Dieu, humblement.
Rien noa pivs qui r2:»elle le communisme, François ne s'en prena point au droit de propriété comme cer:zines sectes vaudoises condamnés dés ï203. Si se dépouille de tout bien, il se déienA de dépouiller les autres, il veut ‘‘que 5e: frères n’estiment pas l'argent
plus que les cailloux. C'est aveuglement du diable d’en faire plus de cas que des pierres. Et si nous en trouvons en quelque lieu, il n’en faut pas prendre plus de souci que de la poussière que nous foulons aux pieds.’
La pratique de la Pauvreté, telle que l’entend Saint François d'Assise, demande Ja mise en œuvre de toutes les énergies de l'être. Sans doute, on ne saurait trop exalter en François la tendresse d'âme qui s’épanche sur toute créature, qui le fait donner son manteau à une pauvre femme, ou le seul exemplaire du Nouveau Testament que possède la communauté pour secourir la mère indigente de deux Frères ; qui écarte du chemin le ver de terre, de Peur qu’il ne soit foulé aux pieds ; cette bénignité qui accueille Ja maladie comme une sœur et la mort comme
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une créature amie; cette patience inaltérable sous les affronts et cette obstination à rendre le bien pour le mal. Mais peut-être, pour se tracer à soi-même l’aimable portrait du Séraphique Patriarche, on s’en est tenu, d’une façon un peu étroite, au recueil des Fiorerti. ‘Ce livre admirable, écrit quelque part M. Arnold Goffin, symbolise surtout l’idéal d’imperfectible douceur et d'humilité de Saint François, en laissant trop dans l'ombre l'héroïsme de sa vocation, les qualités mâles de cette âme intrépide ; il nous y apparaît plus passif qu’actif, prêt à tout supporter plutôt qu’à tout entreprendre pour faire prévaloir sa pensée. ’’
Cela est la vérité même. La vocation de Saint François d'Assise fut la plus énergique des réactions contre son milieu. Il ne faut pas se laisser tromper par la dénomination simpliste du Moyen-Age. Le temps où naquit François fut loin d’être un âge d'or.
Comme de nos jours, le monde alors était divisé en deux Camps numériquement bien inégaux. D'un côté le petit nombre de ceux
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qui jouissaient de la vie et qui consacraient en fêtes, en chasses, en Parties de plaisirs et en batailles une existence stérile et néfaste,
De l’autre, l'immense multitude des serfs, des Manants, laboureurs, Ouvriers, mendiants de plus en plus nombreux, petites gens, taillables et corvéables à merci, troupeau né pour suffire aux Plaisirs et aux tueries de l’autre Camp. Entre les deux, se creusait un fossé profond d’envies démesurées, de haines ardentes, bientôt de revendications passionnées, justes au fond, excessives dans la forme et leurs tendances.
En vain l'Eglise essayait-elle de combler ce fossé ; le peuple n'avait plus confiance dans l'Eglise dont la féodalité aCCaparait pour ses déshérités les titres, les sièges, les chaires, 1es biens.
De prétendus réformateurs surgissaient partout, soulevant les peuples, traînant après eux les gens sans aveu et sans pain, exprimant les revendications Populaires dans des prédications ardentes, incendiaires, Charriant l'invective et la haine, Albigeois, Vaudois,
Jacques, pillaient, brûlaient, dévastaient et sous prétexte de hâter le règne de la justice sapaient les bases du vieil édifice social que, dans ses nuits pleines d’angoisses, et sous les apparences d’un Latran symbolique, le pape Innocent ‘III voyait s'écrouler et couvrir le monde de ruines irréparables.
À travers les épisodes de la vie de F rançois nous devinons l’état lamentable de la société d'alors: Les trois églises en ruines et qu'il rebâtit, dans la banlieue et aux portes mêmes de la ville d'Assise ; ces bandes de pauvres gens pour lesquels il faisait provision de pain, ces lépreux rongés par leur mal et par une haine irréconciliable de Dieu et des hommes qu'il rencontre à ch..que pas, errants dans la campagne, et qu'il console et qu'il soigne et qu’il convertit ; ces mendiants pour lesquels il veut que l’on dépouille l’aute! de Marie ; ces brigands qui infestent les environs d'Assise et les abords de l'Alverne... tout cela forme la matière de récits charmants, où nous admirons la bonne grâce, la douceur et l'héroïque charité du saint,
en CON EU
Mais si nous détachons nos yeux du personnage central pour les fixer sur les comparses et le décor, nous reconnaissons aussitôt que le monde, au temps de Saint François ressemblait à nos époques désolées par l'esprit et les œuvres de la Révolution qu'au paradis terrestre que nous font imaginer les Fioretti.
Sans doute, le système économique n'était pas le même ; mais les résultats étaient identiques. Les grosses fortunes ne consistaient Pas en capitaux, en actions, en dividendes, bien qu’on n’'ignorât Pas tout à fait les #rwsis, puisque les Juifs savaient déjà à merveille accaparer les denrées et les valeurs mobilières. Les capitalistes de ce temps-là possédaient des villes, des villages, terres, bêtes et gens, et ils usaient sans retenue de leurs droits que volontiers ils imaginaient absolus. Corruption, jouissance effrénée, rivalités souvent sanglantes, du haut en bas de l'échelle sociale, le mal s’'installait triomphant, en haut Par ivresse de vivre, en bas par vengeance et par révolte coutre une destinée mauvaise,
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C’est au milieu de cette société qui retourne à la barbarie que François paraît. C'est à ces Païens de mœurs qu'il vient rapporter la loi évangélique ; on sait comment il est d’abord réçu, comment sont réçus ses premiers disciples: par des moqueries, par des railleries, Par des outrages ; On lui jette des pierres, de la boue, on lui crache au visage, on le traite d’insensé, Cependant il persiste, et la grâce de Dieu aidant, il touche les cœurs, se fait des auditeurs, puis des disciples. En moins de douze ans, de 1209 à 1221, il impose sa manière de voir, de penser, de vivre. I] prêche l’apaisement, la charité, la justice. Il s'inter- Pose entre les partis. Il réconcilie l'Évêque et les magistrats d'Assise, puis les magistrats et le peuple ; il fait conclure entre le peuple et les féodaux un Facte, une charte, qui sera la ‘première des chartes communales. Ce qu'il fait pour Assise, il le fait Pour Florence, pour Pérouse, pour Spolète, pour Arezzo. Un nouvel ordre de chose commence : l'ère des libertés modernes date de Saint François.
L'émancipation du peuple sort de la conscien-
ce que lui donne de ses droits et de ses devoirs François d'Assise.
Par quel moyen François arriva-t-il À réformer Ja société, à lui infuser cette sève chré-
Soulever ce monde corrompu ?
Nous l'avons dit: ce fut en rendant aux âmes le sens de la Pauvreté
entraînant exemple. La Pauvreté l'avait béatifié. Il était l'homme de la paix de l'âme Parce qu'il était l’homme de la Pauvreté.
Un écrivain français qui s’est efforcé de pénétrer l'âme des saints, M. Henry Joly, relève ce caractère en Saint François. Et cette ju 1. paix, il ne la gardait pas pour soi ; il la faisait Fur faÿonner autour de lui; il la Promenait en quelque sorte à travers le:
Quartiers pauvres des villes ; il l'accompagnait d’une douce ivresse née d'une méditation poétique et chantante... S’il voyait des misères, il savait les Consoler par la vue des beautés
en ce mm
du monde, tel que Dieu l'avait voulu, tel que Dieu l'avait régénéré. Toutes ses idées, celleslà même qu'il Communiquait aux Souverains Pontifes, se présentaient ‘comme des visions d'artiste.” C'est par des images souriantes qu'il éveillait l'amour de la Pauvreté, de l'Humilité, de la Charité. Par ces allégories, d’abord vécues au-dedans de lui-même, il ravivait la pensée évangélique, il humanisait les Crucifix et les images de la Vierge, il rapprochait Dieu de l’homme et l’homme de Dieu.
S’il fut l’homme de la Providence et le sauveur de son siècle de fer, ce fut à la manière des saints, par le rayonnement d'une âme pleine de Dieu. Il fut, écrit encore M. Elie Longuemare, un grand dispensateur d'énergie et de courage, Parce qu'au lieu de mettre constamment l’homme en face de son mal jusqu’à l'exaspération, il chercha au contraire à dégager ce qu’il y a, dans la nature et dans la société, de beau, de bon, de riant, d’acceptable. De nos jours, on a pensé qu’au lieu de dire à l’ouvrier : “Tu souffres dans ton taudis ?’, il serait peut-être mieux d’embellir le
il a le sermon
Vous savez comme vibre
n profond et mélodieux,
intime de l'être, la Parole du
divin Maître. Vous la discernez entre toutes. François s’ fait vibrer
admirez le reten.
Évangile, Quand il est
Populaire le Plus fécond qu'on ait vu, depuis le Christ sur les bords du Lac Galiléen, depuis Pierre et Paul dans le Quartier des échoppes de Ja Ville des Césars. »’
É ss est donc l’admirable saint dont nous
allons continuer l’histoire. Dégagé de tous les liens qui le retenaient au monde, entré, selon son désir, dans la vraie liberté des enfants de Dieu, François quitta la ville, dit Saint Bonaventure, et se retira dans les profondeurs de la solitude, afin d'être seul et de mieux entendre, dans je silence, la voix mystérieuse du Très-Haut. Or, pendant qu’il traversait une forêt, chantant avec jubilation les louanges de Dieu en langue fran- Gaise des voleurs sortirent du bois, se précipitèrent sur lui et lui demandèrent avec un air féroce qui il était. “Je suis le héraut du grand Roi,'’ leur dit-il, plein d’assurance, et avec un accent prophétique. Ces brigands le prenant pour un insensé, le frappèreat avec brutalité et le jetèrent dans une fosse remplie
les louanges du Créateur. I] arriva ainsi à la porte d’un Monastère, où il reçut l’aumône Comme un mendiant : il Y Passa quelques jours employé aux plus vils offices de la cuisine.
De là il vint à Gubbio où l’un de ses anciens amis le reconnut ; il] Jui donna, pour le vêtir plus décemment : une tunique Courte, une ceinture de cuir, des Souliers, un bâton : c'était le costume- ordinaire des ermites. Sous cet habit de Pénitence, il affigea son corps de
Où vivait notre saint,
François fit alors ses délices d'habiter les léproseries, servant avec soin les malades, allant au-devant de tous leurs désirs, leur témoi-
me
gnant la plus grande compassion. Il leur lavait humblement les pieds, pansait leurs plaies les plus hideuses, et, surmontant toute répugnance, les baisait avec amour. C'est ainsi, dit Saint Bonaventure, qu'il se préparait à devenir le médecin des âmes, et c'est ce qui lui mérita une si grande Puissance pour guérir et les maladies du corps et les maladies de l’âme. Je ne rapporterai ici qu'un fait, continue le Docteur Séraphique, car la réputation de François commençait à s'étendre au loin.
Un homme du duché de Spolète avait la bouche et les joues rongées d’un horrible Cancer : cet infortuné avait employé, mais inutilement, toutes sortes de remèdes, lorsqu'un jour il rencontra François, en revenant de Rome où il avait été implorer le secours des Saints Ap6tres. Il se prosterna devant le serviteur de Dieu à qui pieusement il voulait baiser les pieds. Celui-ci ne le souffrit pas, mais il le pressa dans ses bras, et l’embrassa au visage. Or, pendant que François appliquait cet héroïque baiser sur la plaie hideuse, le mal s’enfuit: la guérison était complète, Dans cet
PR
acte de François, dit en terminant Je saint Docteur, je ne sais ce qu’il faut admirer le plus, ou l’étonnant Prodige d’une telle gué-
rison, ou la Courageuse humilité d'un tel baiser.
Déjà dans le monde il s genre de dévouement, malgré sa répugnance naturelle, Dieu, pour l’encourager dans ce Saint exercice, lui avait dit: “François, si tu veux connaître ma volonté, ji] faut que tu méprises et que tu haïsses tout ce que tu as aimé et désiré selon la chair. Que ce nouveau sentier ne t'effraie pas ; car si les choses qui te plaisent doivent te devenir amères, celles qui te déplaisaient te Paraîtront douces et agréables,
François mit en pratique ces divines leçons : et la première victoire qu'il remporta sur lui-même fut de surmonter Par la charité Je
’était exercé à ce
dégoût profond que lui inspiraient les lépreux. Dieu l'en récompensa d’une façon admirable.
Comme il chevauchait à travers la plaine d'Assise, il aperçut un !
lui. Cette rencontre in
épreux qui venait à attendue lui inspira
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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