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ans, portant l’habit du Tier: Ordre, qui était venu à pied du lieu de sa demeure, entre Assise et Pérouse. L: Bienheureux admirant son zèle, lui demanda comment il avait pu entreprendre Ce voyage dans une si grande vieillesse. ‘‘ Mon Père, répondit-il, si je ne Pouvais venir à pied, je me ferais amener, et même je me ferais tratner, plutôt que de perdre le fruit de ce saint jour. ’ Le confesseur ayant voulu savoir d'où lui venait une telle confiance : ‘‘ C'est, poursuivit le vieillard, que j'étais présent lorsque Saint François, qui logeait souvent chez mon père, y vint un jour en allant à Pérouse, et nous dit qu’il allait demander au pape la confirmation de l’Indulgence qu’il avait obtenue de Notre-Seigneur. Depuis ce temps-là, je n'ai Pas manqué, chaque année, à venir dans ce saint lieu, le jour du Pardon, et je n'y manquerai jamais, tant que j'aurai un souffle de vie sur cette terre. ’’
Que d'âmes, depuis Saint François, qui étaient mortes à JA vie de la grâce ; que de Pauvres pécheurs qui étaient assis dans les ténèbres du vice et de l'iniquité ont recouvré
la lumière et la vie dans cet auguste sanctuaire. C'est bien là le sens de l’admirable vision rapportée par Saint Bonaventure :
‘Un de nos pieux Frères, dit le Docteur Séraphique, eut avant sa conversion une vision qui mérite d'être rapportée. Ce frère eut donc une vision près de l’église de la Portioncule. Il vit rangés abtour d'elle, une multitude innombrable d'hommes tous frappés d’une affreuse cécité; ils se tenaient là le visage tourné vers le ciel et les genoux en terre, élevant les mains et suppliant Dieu avec larmes de leur faire miséricorde et de leur rendre la lumière de leurs yeux. Tout-à-coup, pendant qu'ils se tenaient dans cette attitude suppliante, une grande lumière, descendant du ciel, se répandit sur eux, et leur rendit à l’instant même, l'usage de la vue qu'ils demandaient avec tant de supplications et avec une si grande abondance de larmes. ’
Un peu plus tard, un autre prodige vint prouver combien cette petite église était chère à Jésus-Christ et à sa divine Mère. L'an 1309, pendant qu’une foule de pèlerins se pres-
on 2
saient autour de la sainte chapelle, le 2 août, jour du Grand Pardon, on entendit un bruit semblable à celui du tonnerre, et à la vue de tous les assistants, une colombe blanche comme la neige fit cinq fois le tour de la chapelle et disparut. En même temps, le Bienheureux Conrad d'Offida, qui était aussi présent, vit la Sainte Vierge assise au sommet de la chapelle, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. Jésus leva sa petite main et bénit le peuple. Bien des Peuples manquent aujourd’hui à ce Saint rendez-vous d'indulgence et d'amour ; ceux de l’Italie sont restés fidèles. C'est là qu'il faut les voir avec leurs costumes si gracieux et si variés. Ce sont les paysans de la Toscane, les plus Propres, les plus élégants de tous, surtout les femmes avec leur vêtement toujours bleu ou écarlate, leurs cheveux ordinairement blonds, nattés en rond derrière la tête, leurs chapeaux de paille, et les longues touffes de rubans de diverses couleurs qui flottent autour d'elles. Ce sont les Mmontagnards de l’Ombrie et des Abruzzes avec leurs brayes serrées, leurs justaucorps gris, leurs larges chapeaux et cette
chaussure de grosse toile et de cuir liée avec des cordelettes ; les femmes avec leur coiffure si simple, en toile blanche ou de couleur, leur corset de velours vert ou rouge, bordé de noir, leurs jupes larges à mille plis, et leur mantelette, longue pièce de drap ordinairement rouge ou bleu et dont elles se drapent d’une manière pittoresque.
Cependant la cloche du Sagro-Convento, à Assise, donne le signal solennel que la journée du Grand Pardon s'ouvre dans le ciel et sur la terre. Tous les religieux de Saint François, Observants, Réformés, Capucins, Conventuels, Tertiaires, qui s'étaient réunis dans le Sagro- Convento, défilent en longues processions et descendent dans la plaine; l’évêque suit avec son clergé, tous les grands personnages ecclésiastiques et les magistrats. Les portes de la vaste Basilique de Notre-Dame-des-Anges s’ouvrent avec cérémonie. La procession traverse la grande nef, entre dans la petite églis: de la Portioncule sous l'immense dôme, où elle ne fait qu’une simple salutation à l'autel ; puis sortant par la petite porte pratiquée à droite,
elle se retire dans le cloître. Alors les pèlerins, Poussant leur cri d’enthousiasme : Evviva Maria, se Précipitent vers le Sanctuaire, avec une passion, un délire dont il est difficile de se faire une idée, Ce sont des cris, des invocations, des Cantiques. Chacun à sa manière témoigne à Marie, Reine des anges et des hommes, son amour, son respect, sa reconnaissance. Toute cette foule entre dans la petite église par la Porte sur la façade et en sort, sans s'arrêter, par la petite porte latérale. Cette procession en masse compacte dure ainsi depuis l’heure des premières vêpres de la veille, jusqu'au soir du lendemain.
Le chrétien en contemplant ces choses, bénit Dieu dans SOn Cœur, et rend de sincères actions de grâces à son infinie miséricorde qui remet ainsi aux pécheurs de longues et pénibles satisfactions, et attache cette indulgence aux exercices du christianisme les Plus ordinaires et les plus faciles ; il est impossible de ne pas être ému profondément.
Au milieu du chemin de la vie, quel est celui qui ne soupire Pas après la source d'une onde
rafraîchissante et un doux repos à l'ombre des grands arbres ? Quel est celui qui ne désire briser ses liens, s'affranchir de l'influence des lieux, des habitudes, faire un pèlerinage et orienter son âme à une vie nouvelle ? Où est l'homme qui ne voudrait pas, entre les regrets du passé et les espérances de l'avenir, pencher sa tête endolorie et son cœur malade sur le sein glorieux de la Vierge qui a enfanté au monde le salut et la vie ? O Sainte Marie des Anges, Refuge des pécheurs, priez pour nous !
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Sa François d'Assise s’est distingué entre
tous les autres saints, Parson amour pour la nature. Notre Séraphique Père fut uni avec tout ce qui est innocent et pur. Il était au milieu de la création ce qu'était Adam dans le
Paradis terrestre. Selon l’ordre donné par Jésus-Christ à ses apôtres et à ses disciples, François parcourut le monde, prêchant l'Evangile à toute créature, et toutes les créatures l’écoutèrent avec tendresse. Par un admirable sentiment de piété, il les appelait toutes ses Frères et ses Sœurs. Remontant, dit Saint Bonaventure, jusqu’à la première origine des choses, son âme se remplissait d'une plus grande onction; il considérait tous les êtres comme sortis du sein de la divinité et reconnaissait qu’ils avaient tous avec lui le même principe. Cependant il aimait plus tendre-
ment, avec une affection plus sentie, parmi les créatures, celles qui, par nature, représentent la mansuétude du Sauveur et dont les Saintes Ecritures se servent pour la figurer. C’est ainsi qu’il racheta souvent des agneaux que l’on corüuisait à la boucherie, et cela pour honore: le souvenir de l’Agneau, la douceur même qui,voulut être conduit à la mort pour racheter les pauvres pécheurs.
Cheminant un jour dans les environs de Sienne, le saint homme trouva dans les pâturages un grand troupeau de moutons. Les ayant salués avec douceur selon son habitude, ils laissèrent leur pâture, accoururent tous en levant la tête et fixant sur lui leurs regards. Ils lui firent une telle fête, que les bergers et les frères étaient dans l’admiration, en voyant non-seulement les agneaux, mais les béliers même donner des signes d’une si merveilleuse allégresse.
Une autre fois, près de Sainte-Marie-de-la- Portioncule, on offrit à l'homme de Dieu, une petite brebis qu'il accepta avec joie. à cause de son amour pour l’innocence et la simplicité
fais con Sai la | fidè| prés con!
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LE CHANTRE DE DIEU 349 dont cette humble créature de Dieu est le symbole. En Ja confiant à ses frères, il lui dit: ‘Petite brebis, ma Sœur, il faut que tu assistes, toi aussi, aux louanges de Dieu, mais sans incommoder les frères. Avec eux tu te rendras à l'Office et tu Prendras garde de les troubler dans leurs Prières. ”’ La brebis obéit ; et lorsque les religieux allaient au chœur réciter l'Office, elle allait d’elle-même à l'église, se
’autel de Notre-Dame-desbliait ses Petites pattes de devant, et faisait des bêlements pleins de douceur, comme pour rendre ses hommages à la Très Sainte Vierge. Elle en faisait autant pendant la Messe, au moment de l’Elévation. Et la fidèle petite brebis Continua, sa vie durant, en présence de tous, le be] office que lui avait confié le grand serviteur de Dieu.
Quatre ans avant sa mort, Saint François ait toujours avec lui un beau petit agneau, en mémoire de l’Agneau de Dieu qui a voulu être immolé pour nous. Lorsqu'il dut quitter la ville, il confia Son agneau À la sainte dame, nommée Jacqueline, qui s'était
toujours montrée si charitable pour lui et pour ses frères. Le petit animal semblait avoir été formé à la piété par le saint homme ; il suivait dame Jacqueline à l’église, y demeurait et en revenait avec elle, sans jamais la quitter. Si quelque matin, elle était moins diligente à se lever, il allait à son lit, bêlait, frappait de la tête et avait l'air de l’avertir, par d’autres petits mouvements, d’aller promptement servir Dieu. La dame admirait et chérissait l'agneau de Saint François; elle le regardait comme une sorte de petite relique vivante de son bienheureux Père, et, dit Saint Bonaventure, conime un de ses disciples, devenu pour eile un maître dans la dévotion.
Le serviteur de Dieu voyageant avec Frère Paul, Ministre de la Marche, rencontra sur la route d'Ancône à Osimo, un berger qui conduisait parmi des chèvres et des boucs, un tendre petit agneau. Le saint tout ému: ‘‘ Voyez, dit-il, ce petit »gneau: ainsi marchait Jésus, si plein d'humilité et de douceur, au milieu des Scribes et des Pharisiens. ’ Et ils résolurent d'acheter le petit agneau ; mais tous deux ne
. LE CHANTRE DE DIEU 351 | possédaient rien au monde que leur Pauvre habit ; ils se prirent à pleurer. Un marchand vint à passer sur ces entrefaites et ayant appris le sujet de leur douleur, il acheta le petit agneau et le donna à François. Le saint tout joyeux le mena avec lui chez l’évêque d’Osimo qui s’émerveilla fort de la grande simplicité du saint. Mais lorsque le pieux prélat eut appris tout ce qui venait de se passer, il fut lui-même ému jusqu'aux larmes, et ils étaient là tous les trois pleurant de tendresse.
Nous avons déjà vu la prédilection marquée de l’homme de Dieu pour les oiseaux, ses petits Frères.
À son retour de Syrie, traversant avec un frère les lagunes de [Venise, il trouva une grande multitude d'oiseaux qui chantaient dans les broussailles. En les voyant, il dit au frère: ‘ Nos Frères les oiseaux louent leur Créateur. Allons au milieu d’eux, et nous aussi louons Dieu et chantons nos heures Canoniales.” Ils entrèrent dans le fourré, et Jes oiseaux gardèrent leur place. Mais à cause de leur Sazouillement, les religieux ne Pouvaient
s'entendre en récitant les Heures. Alors l'homme de Dieu se tourna vers les oiseaux et leur dit: ‘Mes Frères les oiseaux, cessez vos chants, jusqu’à ce que nous ayons acquitté la dette de louange que nous devons à Dieu. ”’ Ils se turent aussitôt, et leur silence dura tout le temps que les serviteurs de Dieu dirent leurs Heures. Quand ils eurent fini, les oiseaux reçurent de François la permission de reprendre leurs chants, ce qu’ils firent immédiatement. Auprès de Sainte-Marie-de-la-Portioncule, une cigale se tenait sur un figuier près de la cellule de l'homme de Dieu : elle chantait, et par son chant, elle excitait à louer Dieu plus fréquemment celui qui avait appris à admirer les merveilles de la création jusque dans les plus petites choses. Un jour il l’appela, et, divinement conduite, elle vola et se reposa sur sa main. ‘‘Chantez, lui dit-il, ma Sœur la cigale, et louez par vos chants le Créateur de
toutes choses. ’’ Aussitôt la cigale se mit à chanter et elle ne s'arrêta que lorsque, par
l’ordre du Père, elle retourna sur son arbre. Or, elle y dermeura huit jours, venant chaque
LE CHANTRE DE DIEU 353 RE jour sur la main de François, chantant et s'en retournant quand l’ordre lui en était donné.
Enfin il dit à ses frères : ‘‘ Donnons maintenant congé à notre sœur la cigale ; il y a assez longtemps qu’elle nous excite à louer Dieu. »’ Au même moment la petite cigale s’envola et ne reparut plus.
Quand François fut tombé malade à Sienne, un seigneur qui venait de Prendre un faisan, le lui envoya vivant. Dès que l'oiseau eut entendu et vu l’homme de Dieu, il s’attacha tellement à lui qu'il ne souffrait en aucune manière d'en être séparé. A plusieurs reprises on le porta dans une vigne hors de l'habitation des religieux, afin qu’il prit sa liberté, s'il en avait envie; il revenait sur le champ vers le saint, Comme s’il avait été élevé par lui et ne l'avait jamais quitté. Plus tard on le livra à un particulier qui avait coutume de visiter l'homme de Dieu par dévotion. Le faisan tout triste de n'être plus en la présence du bon Père, refusa toute nourriture. Rapporté au saint, il manifesta sa joie par ses mouvements, dès qu'il le vit, et se mit à manger de grand appétit,
L'homme de Dieu était un jour en voyage avec Frère Léon ; avant de prendre sa pauvre réfection, il se sentit intérieurement rempli de célestes consolations au chant d’un rossignol. ‘Frère Léon, dit-il, chante donc les louanges du Seigneur alternativement avec ce petit oiseau, ’’ Et comme Frère Léon s’en excusa sur sa mauvaise voix, François, tout transporté d'amour de Dieu, se mit à répondre au rossignol, et continua ainsi jusqu’au soir, où il fut obligé de cesser, avouant avec une sainte envie que le petit oiseau l’avait vaincu. 1l le fit venir sur sa main, le loua d'avoir si bien chanté, lui donna à manger, et ce ne fut que sur son ordre et après avoir reçu sa bénédiction que le rossignol s’envola.
Un jeune homme avait pris un grand nombre de tourterelles, et il s’en allait les vendre. Saint François venant à le rencontrer, considère ces oiseaux d'un regard plein d'une tendre compassion, puis, s'adressant à celui qui les portait : ‘*O bon jeune homme! lui dit-il, donne-moi ces tourterelles ; que des oiseaux si doux, que l’Ecriture représente comme les
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emblêmes des âmes chastes, humbles et fidèles, ne viennent pas à tomber entre les mains d'hommes cruels qui les feraient mourir. ” A ces mots, le jeune homme soudainement inspiré de Dieu, présenta ses oiseaux, et Saint François, en les recevant dans son sein, leur adressa ces douces paroles : ‘‘Tourterelles, mes chères petites Sœurs, simples, innocentes et chastes, pourquoi donc vous êtes-vous laissées prendre ainsi ? Mais je veux vous arracher à la mort, et vous préparer des nids où vous puissiez vous multiplier, selon l’ordre qui vous est donné par votre Créateur.’ Pour le jeune homme qui les avait cédées, le saint lui dit: ‘Mon fils, vous serez un des Frères de notre Ordre, et vous vous y dévouerez généreusement au service de Jésus-Christ. La prédiction se réalisa: je jeune homme prit l'habit des Frères-Mineurs, et fut admis dans l'Ordre, qu'il édifia Par sa haute sainteté.
Quant aux tourterelles, le saint les porta jus. qu'à son couvent de Ravacciano, près des murs de Sienne ; là, il enfonça son bâton en terre, devant la porte, et ce bâton était devenu
le lendemain un gros et grand chêne. Le saint homme y laissa aller les tourterelles, en leur commandant d'y faire leurs nids; ce qu’elles firent durant plusieurs années ; et elles étaient si bien apprivoisées qu’elles venaient prendre dans les mains des religieux leur nourriture.
On connaît aussi la grande prédilection de Saint François pour les alouettes. 11 se plaisait à remarquer dans leur plumage la couleur gris cendré qu’il avait choisie pour son Ordre, afin que l'on pensât souvent à la mort, à la cendre de la tombe. Montrant à ses disciples, l’alouette s'élevant dans l’air et chantant dès qu'elle a pris sur la terre quelques grains:
‘Voyez, disait-il avec joie, elles nous apprennent à rendre grâces au Père commun qui nous donne la nourriture, à ne manger que pour sa gloire, à mépriser la terre et à nous élever au ciel où doit être notre conversation. ”’
Comme le saint n'avait que des motifs nobles et spirituels dans ses actions, en apparence si simples et si communes, Dieu s'en servit une fois pour instruire les hommes par l'exemple d’un oiseau. Près du couvent de
Mont-Colombe, il Y avait un nid d’alouettes huppées ou crêtées, dont la mère venait tous les jours prendre à manger de la main du serviteur de Dieu, Pour elle et pour ses petits; et quand ils furent un peu forts, elle les lui amena. Il s’aperçut que la plus forte des petites alouettes piquait les autres et les empéchaïit de prendre la becquée ; cela lui fit une grande peine, et s'adressant à elle, comme si elle eût pu l’entendre : ‘‘Insatiable et cruelle, dit-il, tu mourras misérablement, et les plus avides animaux ne voudront point manger de ta chair. '’ En effet, quelques jours après, elle se noya dans un vase où il leur mettait à boire ; on la jeta aux chats et aux chiens ; pas un n'y toucha. Nous verrons à la mort du saint une multitide de ces alouettes qu'il aimait tant, s’abattre sur le toit de Notre-Dame-des-Anges et chanter avec une merveilleuse douceur comme pour fêter déjà son triomphe dans les cieux.
Ayant gagné l’ermitage de l’Alverne, pour célébrer le carême de Saint Michel, des oiseaux de diverses espèces se mirent à voltiger autour
de sa cellule ; ils faisaient entendre des chants harmonieux et s’agitaient avec bonheur. On aurait dit qu’ils se réjouissaient de l’arrivée de l’homme de Dieu et paraissaient le solliciter à demeurer avec eux dans cette solitude. A cette vue, François dit à son compagnon: ‘‘ Je vois, mon Frère, que la volonté de Dieu est que nous restions ici quelque temps, puisque nos Frères les oiseaux paraissent si heureux de notre présence. ”’ Il s’arrêta donc en ce lieu, et un faucon qui y bâtissait son nid se prit pour lui d'une grande affection. Toujours, à l'heure de la nuit où le saint devait se lever pour ses exercices spirituels, le faucon le réveillait par son chant et l’appelait. Cette attention était très agr ‘able à François, parce que cette sollicitude de l'oiseau le garantissait contre toute torpeur et toute nonchalance.
Mais, si l'homme de Dieu était plus fatigué et plus souffrant que d'habitude, le faucon s'en préoccupait et ne l’éveillait point de si bonne heure. Comme averti d'en-Haut, il ne faisait entendre alors et à la pointe du jour qu'un éger son de voix.
Il paraît bien, continue ici Saint Bonaventure, il paraît bien qu’il y eut quelque chose de divinement prophétique soit dans cette jubilation de toutes sortes d'oiseaux, soit dans le chant du faucon ; sans doute, le véritable adorateur de Dieu, le saint qui publiait ses louanges, porté sur les ailes de la contemplation, devait être exalté dans ce lieu par une apparition séraphique.
Nous verrons au chapitre suivant cet incomparable prodige !
Aux premiers siècles de l'Eglise, le sang des Martyrs apaisait la férocité des tigres et des léopards qui au milieu de l’ampithéâtre montraient de la compassion, du respect, de la sympathie pour les saints de Dieu. Des lions rugissants, devenus comme de timides agneaux, se couchaient aux pieds des victimes et léchaient doucement leurs plaies, Dans le désert, les lions vinreat pleurer la mort de Paul, le premier ermite, et assister à ses funérailles. En Palestine, Saint Gérasime ordonnait à un lion, devenu serviteur du couvent, d'aller au fleuve du Jourdain prendre l’eau qui lui manquait
pour les besoins de son monastère. Dans les Vosges, Saint Colomban commandait à l’ours de la montagne, et celui-ci lui apportait les peaux de cerfs dont il avait besoin pour sa chaussure.
François d'Assise, dans son grand amour pour Dieu et son intarissable charité pour ses frères, commandüit lui aussi aux bêtes féroces, ainsi que le symbolise avec éclat le récit qui va suivre et qui est emprunté aux F£orefti.
‘“ Dans le temps où Saint François restait à Gubbio, apparut aux environs de cette ville un loup, d’une grosseur prodigieuse et d’une extrême férocité. Il ne poursuivait pas seulement les animaux, mais plusieurs fois aussi des hommes avaient été victimes de sa rage.
On l'avait vu souvent s'approcher de la ville, et les habitants effrayés ne sortaient plus que tout armés, comme s'ils étaient partis pour un combat ; et même, en cet état, malheur à ceux qui avaient à lutter seuls contre le terrible animal : leurs armes étaient impuissantes contre sa férocité. Enfin, l’effroi devint tel que personne n’osait plus sortir de Gubbio.
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La Consternation qu’il voyait répandue autour de lui, excita vivement la compassion de Saint François; il résolut d’aller trouver le loup ; malgré les instances que l’on fit pour l'en détourner, il fit le signe de la croix, et mettant en Dieu toute sa confiance, il sortit un jour de la ville avec quelques-uns de ses frères. S’apercevant que ceux-ci tremblaient de S’avancer, il les laissa et prit seul le chemin qui conduisait au furieux animal. A la vue de la multitude qui se pressait Pour être témoin de ce qui allait se Passer, le loup s’élance d’abord vers Saint François, la gueule béante, Le saint avance à sa rencontre, fait sur lui le signe de la croix, l'appelle et lui dit: ‘‘ Viens ici, Frère loup, viens, et, de la part du Christ, je te l'ordonne, ne me fais aucun mal, ni à moi, ni À d’autres. ” O merveille | à peine le signe de la croix a-t-il été fait, qu'aussitôt, ce loup, tout à l'heure si terrible, ferme la gueule, s'arrête, et sur l’ordre de Saint François, vient, doux comme un agneau, se coucher à ses pieds. Alors le saint lui dit : ‘Frère loup, tu causes d'immenses ravages dans cette
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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