‹ Saint François de SalesChapitre 42 sur 49 · Il parle des occasions de voir M. d'Anïezy · texte numérisé non relu

Il parle des occasions de voir M. d'Anïezy

' point affaibli par le temps, mais bien affranchi et épuré

" par V amour supérieur. »

• L'obéissance remporta donc cette difficile victoire ;

i; Mme de Chantai vit M. d'Anlezy. Un an et demi plus

i; tard elle obtint un nouveau et héroïque sacrifice;

e Mme de Chantai accepta de tenir sur les fonts baptismaux le fils nouveau-né de M. d'Anlezy.

! Quant à l'article des pauvres et des malades, un mot

suffit : il n'y avait qu'à lui lâcher la bride, et à mettre dans son cœur cet épanouissement de l'amour qui se traduit au dehors non seulement en actes de charité, mais en prévenances affectueuses, en douceur consolatrice, en respectueuse tendresse pour les membres souffrants de Jésus-Christ. De ce côté seulement il pouvait y avoir quelque progrès à faire, et il se fit tout d'un coup. Sa vie charitable, soit à Monthelon chez le vieux baron de Chantai, soit à sa terre de Bourbilly où la saison des vendanges l'appela en 1606, où une effroyable épidémie la consacra pendant sept semaines au service des mourants et des morts et où elle faillit elle-même laisser la vie, est un tissu quotidien d'actes héroïques accomplis avec une simplicité, une ardeur, une bonté,

; un don absolu de soi, un dédain de toute les répugnances de la nature, qui donnent le frisson à notre délicatesse en même temps qu'ils pénètrent le cœur d'admiration et amènent toute conscience droite à la source divine d'où coulaient de telles merveilles.

Ajoutons que ni le soin des pauvres ni les exercices spirituels ne portaient préjudice à l'accomplissement du grand devoir professionnel de cette mère, l'éducation de sa jeune famille. Il faut souhaiter aux mères chré-

tiennes de tous les temps de le comprendre comme elle le comprit et de le pratiquer comme elle le pratiqua, avec la même vigilance, la même fermeté et la même tendresse, avec le même regard en haut pour y chercher la force et la lumière, avec le même sentiment de la mission sublime qui, en formant des membres de la société humaine, a pour but final de préparer des âmes pour le ciel.

Il faut encore dire un mot pour achever de décrire Tidéal en vue duquel notre saint travaillait dans cette œuvre de direction. Il ne lui suffisait pas que sa fille spirituelle fût douce en même temps que dévouée et mortifiée. Il la voulait joyeuse ainsi que les autres âmes qu'il dirigeait. C'est un point sur lequel il revient sans cesse: « Vivez joyeuse et soyez généreuse. Dieu, que nous aimons et à qui nous sommes voués nous veut en cette sorte-là 1 . — Vous ne voudriez pour rien au monde offenser Dieu ; n'est-ce pas assez pour vivre joyeuse* ? — Si les hommes vous estiment, moquez-vous-en joyeusement. S'ils ne vous estiment pas, consolez-vous en joyeusement 8 . — Soyons joyeux au service de Dieu, je vous supplie, joyeux sans dissolution et assurés sans arrogance*. »

Elle eût pu objecter que cela est facile aux âmes à qui Dieu fait goûter les douceurs et les consolations de la piété ; qu'alors en effet « les nuits sont des jours » , les mortifications des délices, les sacrifices des dou-

i. Lettre du 3o août i6o5.

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