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1 Cf. Raouz MorÇAY. Saint Antonin, archevêque de Florence. Thèse. Paris, Gabalda, 1. II, ch. 111. Cf. aussi THIERARD-BAUDRILLART :
Une règle d'ascétisme au XV® siécle. Traduction de saint Antonin, Paris, Perrin, 1921.
# Sermons autographes, t. VII, p. 414.
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passagère de notre saint ?. N'oublions pas que si Mme de
Rambouillet se décida à rester chez elle et à fonder son fameux salon, c'est par dégoût de ce qu’elle voyaitetentendaït à la cour. Néanmoins la juste intransigeance initiale de François de Sales ne tarde pas à s’atténuer. Sa doctrine ascétique se précise, s'organise, s’enhardit. Dès les pre-. mières années de son épiscopat il a décidément banni de sa direction les paroles d'alarme et de défiance qu'il était d'usage d'appliquer à la vie mondaine.
IFécrira bien encore, d'aventure, « moi qui suis l'ennemi juré des cours »*?, mais ce n'est plus là qu’un axiome théorique, et d’ailleurs circonstanciel, suggéré par la joie de voir revenir au pays natal un parent très cher. Qu’une occasion s'offre de se déclarer et de trancher le problème au fond, il n'hésite pas et lui-même il marque, en les soulignant, ses divergences de vues avec les partisans timorés . de la fuite au désert. Le jeune fils de sainte Chantal va partir pour la cour de France qui est alors, nous l'avons dit, d’une licence inouie, et saint François de Sales ose lui écrire : (« Je ne suis pas st paoureux que plusieurs autres, et n'estime pas cette profession là des plus dangereuses pour les âmes bien nees et pour les courages masles. » * Toute cette lettre, écrite sur un ton d’allègre confiance, ne laisse aucun doute sur la pensée profonde de l’Evêque à cette date. Il n'aime pas le monde certes, il ne ferme pas les yeux sur ses dangers, mais il ne les redoute pas non plus pour une âme robuste, munie d'amour et de volonté, formée selon sa méthode positive et directe. [ci encore il va s'opposer lui-même à saint Augustin ( qui avoit, dit-il, cette solennelle resolution de ne conseiller à personne la suite des
1 Louis ArnouLp. Racan. Paris, Colin, 189%. Voir le chap. 11 sur l'éducation de Racan, pp. 38 et suiv.
2 Lettre à. Claude de Charmoisy, mi-juillet 1609, t. XIV, p. 176.
3 Lettre à Celse Benigne de Chantal, 8 décembre 1610, t. XIV p. 376.
cour | P pte qu un solide c comme M. de Charmoisy peut, en sécurité, s’avent Ja cour, sans que son âme soit « esbranlée à ce vent la. » ? Sa doctrine sur ce point trouvera, semble-t-il, sa formule exacte et définitive dans ce texte du Traitté de l'amour : «Ne faut en cela ni estre si craintif que l’on abandonne les bonnes et justes affaires faute d'y aller, ni si outrecuydé et presomptueux que d'y aller ou demeurer sans l’expresse necessité du devoir ou des affaires. » * Il sait aussi que la fuite au désert n'est pas l'infaillible moyen de s'élever au parfait, il sait que l'on traîne avec soi dans la solitude le
monde et ses mirages et que la triste expérience de Sérenus
peut se renouveler pour chacun de nous ‘. « La sohtudea ses assautz…. Croyés-moy, la vraye vertu ne se: nourrit pas dans le repos extérieur, non plus que les bons poissons dans
Jles eaux croupissantes des marais. » 5 En un mot, il est
illusoire de se proposer la fuite du monde comme un idéal
absolu.
Le seul idéal universel est de constituer en soi la force qui rend vaines les séductions de la vie. « Qu'on admire donc toutes ces choses, dit-il à propos des stylites, mais qu'on ne me dise point qu'il serait mieux de se retirer a part à limitation de ces grands saints sans se mesler aux
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1 Lettre à Antoine des Hayes, commencement d'août 1609,t. XIV p. 383. ù
2? Traitté de l'amour de Dieu, 1. XI, ch. iv, €t. IV,
3 Traitté de l'amour de Dieu, 1. XII, ch. 1v, t. IV, p. 327.
4 «Il est mesme arrivé, écrivait-il, que plusieurs ont perdu la perfection en la solitude, qui est neanmoins si desirable pour la perfection, et l'ont conservee parmi la multitude. » Introduction, 1° partie, ch. 11,
t. IE, p. 21. Il écrivait encore : « La tranquillité qui n’est pas exercee
par la tempeste est une tranquillité faineante et trompeuse. Lettre à Me de la Fléchère. 24 novembre 1610, t. XIV, p.365. À une autre femme du monde enfin il disait : « Dieu aime les ames qui sont agitees des flotz et tempestes du monde, » Lettre à M®® de Travernay, 29 septembre 1612, t. XV, p. 270.
5 Lettre à Me de Cornillon, 6 août 1610, t. XIV, p. 339.