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: 1 Sermons recueillis. Pour le PTE race de l Aoért, 20
; décembre 1920, t. IX; p. 440.
! 2 S'il était possible dé jamais démêler toutes les sources d'une pensée ,
; peut-être découvrirait-on que la tendresse de, saint François. de Sales pour les pécheurs s ‘explique en partie par l'influence de’ sainte Gertrude, dont les écrits venaient d’être répandus dans la chrétienté. Nous savons que notre saint a profondément goûté et médité ces
écrits. Et M. Gabriel Ledos, dans la belle étude qu'il a consacrée à
‘ J’aimable sainte d'Helfta, nous a dit jusqu'où allait l'indulgence de son héroïne pour les malheureux pécheurs. — Cf. Sainte Gertrude. “Paris, Lecoffre, pp. 100 et suiv., pp. 202 et suiv.
8 Tyaitté de l'Amour de Dieu, 1. HI, ch. ni, t. IV, p. 175:
De pareils textes n'ouvrent-ils pas, en vérité, des perspectives de miséricorde à donner le vertige ? Alors que le Dieu de Saint-Cyran, irritable et vindicatif, s’éloigne de nous à mesure que nous péchons, le Dieu de saint Franço:s de Sales fait pour ainsi dire le mouvement inverse. S1 Dieu vous laisse « broncher » écrit-il à une dame du monde, c'est ( affin que vous luy serries la main de
plus fort. »! Et sans doute, il ne s’agit ici que des
fautes vénielles ! Mais tout à l'heure des paroles éga-
lement parfumées de mansuétude ne s’adressaient-elles
pas à de grands pécheurs ? « Serrer la main de Dieu
plus fort », quand on a (bronché »! Saint-Cyran devait
frémir jusqu'aux moelles, en lisant de telles maximes, lui
qui portait le même anathème contre un crime et contre
une peccadille !
Ces vues de saint François de Sales sur la générosité
divine lui sont naturellement conseillères d'espérance
devant la mort. La suprême grâce, celle qui nous assure
une bonne mort et que les théologiens appellent « grâce
de la persévérance finale » nous est accordée, selon lui,
avec la même libéralité que toutes les autres grâces prépa-
ratoires. Il est des esprits chagrins qui se plaisent à damner
tout le monde. Saint François de Sales ne se croit autorisé
à damner personne. Le cas de ceux-là mêmes qu'une
tradition constante mettait au nombre des réprouvés
était, par lui, expressément réservé : « Je ne vois pas,
disait-il un jour, la preuve de la damnation personnelle
d'Esaü. »? Il n'admettait même pas, si nous en croyons
son ami Camus, que l’on damnât Calvin, et il approuvait
ce trait d'un prédicateur disant un jour : ( Que sait-on,
si, à l'instant de la mort, Dieu ne l’aura point touché de
1 Lettre à M" de la Fléchère, 8 avril 1608, t. XIV, p. 2. — Il formule encore son optimisme quant aux pécheurs obstinés : t. III,
p.241 ;t. V, p.135; t. X,\pp. 379-380.
2 Sermons autographes. Recueil de notes sur divers sujets, sans date
t. VIII, p. 413.
sa grâce efficace ? » ! On sait encore comment, au lendemain de la mort de Henri IV, il exprimait hautement son espoir dans le salut de ce Prince, malgré les fâcheux écarts de mœurs dont il le savait coupable.
Comme le P. Faber, qui devait, au xIx® siècle, rajeunir la thèse de saint Ambroise sur le grand nombre des élus, il a toujours professé que la grâce de la persévérance finale est attribuée largement aux membres de la véritable Eglise. ?
1 Esprit du Bien-heureux François de Sales. 3° partie. Section XXVU t1 ps 189:
2? Sur ce point, nous avons encore un témoignage de l’Evêque de Belley que rien n'autorise à mettre en doute. « Son extrême douceur, écrit Camus, le portoit toujours aux opinions les plus suaves, pour peu qu'elles eussent de probabilité. On parloit une fois, en compagnie, de cette redoutable parole de l'Evangile « Il y en a beaucoup d'appelez, et peu d’esleuz. On disoit que le nombre des esleuz estoit appelé petit troupeau, que celuy des insensez, c’est-à-dire des reprouvez estoit infini, et semblables choses. Il respondit qu'il estimoit qu’il y auroit fort peu de chrétiens — il entendoit de ceux qui sont dans la vraye Eglise, hors laquelle il n’y a point de salut — qui fussent damnez. Et quand on luy demanda ce que signifoit donc cette parole dique du petit nombre des esleuz, il dit qu’à compa: raison du reste du monde et des nations infdèles, le nombre des chrétiens estoit fort petit, mais que de ce petit nombre il s’en perdoit fort peu. » — Cf. Esprit du Bien-heureux François de Sales. Partie II, section X, t. I, p. 162. — Un moderne adversaire de Camus, M. de Baudry, a voulu contester la valeur de ce témoignage, en s'appuyant sur un des textes auxquels nous renvoyons ci-dessous. À ce sujet, M. Henri Brémond fai cette juste remarque : (« Qui ne voit que M. de Baudry aurait du opposer ici à Camus une vingtaine de textes du saint? Les aurait-il trouvés, nous n’aurions pas encore le droit de contester la véracité de Camus. C'est là une de ces questions sur lesquelles François de Sales pouvait avoir une opinion personnelle, une de ces opinions qu'on n'oserait pas trop afhrmer en public, mais sur lesquelles on s'explique librement dans l'intimité. Le sentiment que Camus lui prête est paraît-il en désaccord avec la doctrine du saint qui disait : il n’y a que Dieu et moi qui aimions les pécheurs ?» — Cf. Histoire littéraire du sentiment religieux en France, t. L, p.529. — Saint François de Sales peut donc être tenu pour un précurseur sur ce point, de l'illustre oratorien anglais qui devait soutenir avec tant d'éclat, au xIx° siècle, la thèse du grand nombre des élus. — Cf. notamment Le Créateur et la créature. Traduction Wallette.
On peut, je le sais, relever, dans ses discours ( recueillis », quelques textes favorables en apparence à l'opinion sévère. ? Mais ces textes, peu probants, d'une exégèse douteuse, à supposér qu'ils reproduisent exactement sa parole et sa pensée, ne sont visiblement de sa part qu'une concession verbale à la «commune usance » de parler en cette matière. N'y a-t-il pas, à chaque époque, dans certaines questions, des attitudes qui sont pour ainsi dire de style et qui n'abusent personne ? Sa pensée à lui était claire et bien connue. [oute sa théologie de la grâce proteste par avance contre le célèbre sermon de Massillon sur le petit nombre des élus. Sans doute, il ne va pas jusqu'à prêcher de quitter toute crainte devant la mort, mais 1l veut une crainte sereine et éclairée qui ne dégénère pas en terreur accablante : «Il faut donques craindre la mort sans la craindre, dit-il, c'est-à-dire la craindre d’une crainte tranquille et pleine d'espérance puisque Dieu nous a laissé tant de moyens pour bien mourir. »?
Paris, 1866, 1. III, ch. 11. — Quand le P. Faber, par exemple, nous dit : « D’autres enfin, à l'opinion desquels j'adhère formellement, croient que la grande majorité des adultes catholiques, peut-être presque tous, seront sauvés », ne se relie-t-1l pas directement à saint François de Sales par dessus deux siècles de jansénisme ? On sait que Lacordaire, qui professait un optimisme circonstanciel, a soutenu brillamment la même doctrine. Nous la retrouvons encore aujourd'hui chez un solide écrivain spirituel, d'inspiration très salésienne, le P. Giraud, qui écrit : « Décidément, c’est le grand nombre qui tôt ou tard jouit de la vision de Dieu dans le ciel. » — Cf. Prêtre et Hostie. Paris, Beauchesne, t. I, p. 523.
2 Cf. Sermons recueillis. Pour le jeudi après le deuxième dimarche de Carême, 24 février 1622, t. X, pp. 248-249 et 251, 259. — Pour le quatrième dimanche de Carême, 6 mars 1622, t. X, p. 302. — Cf. aussi : Vrays Entretiens spirituels. Entretien xvu, t. VI, p. 311. — Par contre, pour une interprétation plus conforme à celle du P.Faber, voir : Les controverses. 1" partie, ch. 11, art. Il, t. I, p. 54.
? Sermons recueillis. Pour le jeudi après le quatrième dimanche de Carême, 10 mars 1622, t. X, p. 325. Cette idée se retrouve dans le même sermon, pp. 316-317-318 et Traitté de l Amour de Dieu, 1. IH, ch. vi, t. IV, p. 187 Notons aussi chez saint François de Sales, comme
SON OPTIMISME de
Cette étude sur l'optimisme théologique de saint François de Sales ne serait pas complète si nous ne marquions sa position dans un problème qui divise encore aujourd’hui les auteurs spirituels. Il ne s’agit plus ici de ces grâces ordinaires de salut que Dieu donne à tous les hommes pour atteindre leur fin surnaturelle. Nous passons à l’autre pôle de la Cité chrétienne, en ce coin d'élection où les parfaits s’exercent à la sainteté. Or, là encore, nous retrouvonsle Dieu de saint François de Sales identique à lui-même, prodigue de ses grâces de choix comme il l'était tout à l'heure des simples grâces de salut. Nous avons vu l’évêque de Genève s'efforcer d'abaisser les barrières du royaume céleste. Le voici qui s efforce d'abaisser les barrières de la Mystique.
Peu de mots dans notre langue ont un sens plus flottant que ce beau mot de mystique. Certains auteurs font de la Mystique une région mystérieuse et escarpée où ne pénètrent que les purs extatiques, ces grands favoris à qui Dieu envoie révélations, ravissements, visions. Ainsi définie, la Mystique constitue sans doute un domaine
une conséquence naturelle de sa théodicée, une doctrine adoucie du Purgatoire. Certains prédicateurs du Moyen-Âge, comme plusieurs des nôtres encore aujourd'hui, car la mode n’a pas disparu, se plaisaient à dramatiser sur ce dogme de la purgation posthume. Avec une prodigieuse débauche de détails terrifiants ils représentaient l’âme chrétienne soumise à des supplices raffinés et sans fin pour de menues fautes et parfois pour des vétilles. Saint François de Sales est sensiblement plus sobre. Il s’abstient de toute peinture macabre et s’en tient au dogme. I] lui répugne d’ailleurs visiblement de penser que Dieu retient si longtemps loin de lui l'âme qui n'a pas mérité l'éternelle réprobation. Dans l'Oraison funèbre du Duc de Mercœur, il se plaît à nous montrer ce guerrier, pécheur comme nous tous, déjà couronné dans la gloire : ( car, dit-il, encor. qu’à l’adventure il a eu besoin de quelque purgation selon la vérité du juste jugement divin, si est-ce que d’ailleurs, considérant sa belle vie : hélas, dis-je est-il possible que celuy duquel Dieu s’est servi pour délivrer tant d’âmes de la captivité des infidèles, soit encor privé de la jouissance de la pleine et triomphante liberté ? » — Cf. Sermons autographes,
t. VII, p. 435.
réservé, très distinct de celui qu’on nomme ascétique, un domaine où saint François de Sales lui-même ne nous invitera pas à pénétrer, un domaine où il ne faut pas même avoir le désir d'entrer, car ce désir est fertile en illusions. En ce jardin fermé il importe de ne s’aventurer que sur une formelle invitation de Dieu ; les grâces, en effet, qui en ouvrent les portes appartiennent à cette catégorie de grâces appelées gratis date auxquelles nul ici-bas n'est en droit de prétendre parce qu’elles ne sont indispensables ni au salut ni à la perfection.
Mais en dehors de cet Eden secret dont un chérubin garde l'entrée et qui peut être considéré comme le Saint des Saints de la Mystique, il en est un autre dont les frontières sont toujours objet de litige. On peut donner le nom de Vie mystique à la vie de ces âmes ferventes qui pratiquent habituellement une forme d’oraison supérieure nommée confemplative, oraison que saint François de Sales définissait ainsi : ( une amoureuse, simple et permanente attention de l'esprit aux choses de Dieu. » : Le recueillement passif qui caractérise cette oraison appartient nettement, de l’aveu même de notre saint, à l’ordre surnaturel et mystique, parce que, dit-il, € il n’est pas en nostre pouvoir de l'avoir quand nous voulons et ne dépend pas de nostre soin, mays Dieu le fait en nous quand il luy plait, par sa tres sainte grace» ? Or, de cette vie contemplative, certains auteurs veulent fermer les frontières. De savants théologiens font de la vie contemplative une province réservée de la Mystique supérieure. * Sur cette terre interdite, affirment-ils, on ne peut pénétrer qu'à la faveur de grâces totalement gratuites, de ces grâces gratis date auxquelles il est téméraire de prétendre et même de
? Traitté de l'Amour de Dieu, 1. VI, ch. mi, t. IV, p. 312.
? In., L VI, ch. vu, t. IV, p. 236.
$ Cf. Auguste POuLAIN. Traité des grâces d'oraison. Paris, Beauchesne.— Le P. Poulain vient d’être suivi par ME Farges, dans son livre copieux sur Les phénomènes mystiques. Paris, 5, rue Bayard, 1921.
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SON OPTIMISME move
se préparer. La vie contemplative, en effet, si nous les en croyons, { requiert absolument des facultés nouvelles, comme la perception des rayons ultra-violets requerrait un sixième sens ».! Ainsi se ferment tristement devant l'humanité presque entière, les portes de la vie mystique ! Il en va tout autrement si, pour entrer dans cette contrée de la Mystique qu'on nomme contemplation, on peut se passer des grâces gratis datæ exceptionnelles et miraculeuses. Si les grâces qui introduisent à cette vie ne sont, comme le pensait saint François de Sales, que des grâces de sanctification personnelle, gratum facientes, le problème change de face. Ces grâces, pour extraordinaires qu'elles soient, font produire à l’âme des actes qui ne diffèrent plus que par l'intensité et le degré, non spécifiquement, des actes quelle accomplissait avec les grâces ordinaires. Ni la vie nouvelle, ni l'oraison nouvelle ne sont séparées de la vie et de l’oraison antérieures par une infranchissable barrière. La vie contemplative devient comme l’épanouissement normal de la vie ascétique *. C'est une fleur qui
1 Cf. L'Ami du Clergé, 18 mai 1911, p. 470. Cette revue a consacré quatre importants articles à la question — Cf. n°5 des 18 mai, 22 juin, 13 juillet, 10 août. Nous y renvoyons pour les détails qui ne peuvent entrer ia. L'opinion salésienne est défendue encore actuellement par l’un de nos plus doctes auteurs mystiques, M. le chanoine Saudreau, qui, après avoir soutenu une longue controverse avec Île P. Poulain, vient de reprendre la lutte contre M# Farges — Cf. notamment son ouvrage récent : L'idéal de l'âme fervente. Paris, Amat, 1920, pp. 18 et 461. — Signalons enfin qu'un Sulpicien, M. Tanquerey — Cf. La vie spirituelle, 3 décembre 1929 -- imaginait naguère un ingénieux essai de conciliation entre les systèmes antagonistes de MM. Saudreau et Poulain.
2 La doctrine de saint François de Sales sur la bonté de Dieu, sur la grâce distribuée par Lui royalement, devait le mener à prendre parti pour ce laisser-passer spirituel, à faire de la Mystique la suprême fleur de l'Ascétique. À la suite de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse, il pense que Dieu répand sans parcimonie ces grâces nouvelles qui font monter l’âme jusqu’à la vie d'union. Il dira bien qu'il faut débuter par la méditation discursive, traverser des phases laborieuses, piétiner parfois longuement dans les vallées, avant
sort naturellement de sa tige à moins qu'un accident ne. vienne la flétrir : il est dans l’ordre que cette tige donne sa fleur. La muraille de Chine dont on encerclait la Mystique s'abaisse. L’ascèse voit le champ de ses perpectives s'agrandir à l'infini et toutes les âmes de bonne volonté peuvent
d'atteindre aux cîmes, mais toujours il fait briller l’étoile. Avec quelle insistance il recommande qu'on ne décourage pas l'essor des âmes qui s'efforcent à contempler! Les textes abondent. Voica d'abord une charmante comparaison qui nous apprend comment, pour lui, la contemplation prolonge naturellement la méditation : « Les petitz mouschons des abeilles, dit-il, s'appellent nymphes ou schadons jusques a ce qu 1lz fassent le miel, et lhors on les appelle avettes ou abeilles : de même l’oraison s'appelle méditation jusques a ce quelle ayt produit le miel de la dévotion, après cela, elle se convertit en contemplation », — Cf. Traitté de l’ Amour, |. VE, ch. nt t. IV, p. 312. — Ainsi pas d’hiatus, pas de fossé : La vie intérieure, se présente à nous comme un organisme complexe dont la méditation et la contemplation, c'est-à-dire l’ascèse et la mystique sont, pour ainsi dire, la jeunesse et l’âge mur. « Le désir d'obtenir l'amour divin, dit-il, nous fait méditer, mais l'amour obtenu nous fait contempler ». — Cf. Traitté, t. IV, p. 312. — Poursuivant, en l'approfondissant, sa pensée, il dit encore : (€ En somme, la méditation est mère de l'amour, mais la contemplation est sa fille ». — Cf. Traitté, t. IN, p. 313. — Comment dire plus clairement qu'entre les deux opérations il ne voit pas de fransitus de genere ad genus, que méditation et contemplation sont pour lui comme un même être à deux périodes de son développement ? Un peu plus loin, il nous montrera la contemplation comme ( estant la fin et le but » de la méditation. Qu'est-ce à dire, sinon qu'il importe d’orierter toutes les âmes qui méditent vers cette fin? Un directeur salésien guidera donc doucement Théotime et Philothée vers la contemplation, comme nous voyons d’ailleurs que saint François de Sales lui-même en donna jadis l'exemple. Si nous en croyons sainte Jeanne de C rantal — C!, Traitté, t. IV, p. 325. — et comment ne l'en pas croire ? — presque toutes les Filles de la Visitation parvenaient à cette contemplation que saint François de Sales leur assignait comme le terme naturel de leur vie spirituelle : « Plus je vais, disait-elle, et plus clairement je reconnais que Notre-Seigneur conduit quasi toutes les Filles de la Visitation à l'oraison d’une tres simple unité et unique simplicité de présence de Dieu. Je sais que cette oraison est fort combattue par ceux que
Dieu conduit par la voie du discours ». Réponses sur le coutumier de la Visitation.
se disposer à faire leur entrée dans une Terre qui leur est promise !
Ainsi donc, une doctrine optimiste sur Dieu conduisait saint François de Sales à toujours considérer de préférence les moyens innombrables que ce Dieu bon nous donne pour le bien, aux diverses phases de notre vie spirituelle. Etant de cette race d'hommes qui oublient volontiers que les roses ont des épines pour se féliciter que les épines aient des roses, il voyait l'humanité libéralement munie par Dieu de tout le nécessaire, non seulement pour atteindre au salut, mais pour s'élever aux sommets. L'âme, sous son gouvernement, va, toutes voiles dehors, assurée d’un bon vent, vers un port que les écueils ne rendent jamais inaccessible.
Au surplus, la barque est de qualité telle qu'elle peut aisément tenir la mer. Ayant bon équilibre, vent favorable et solide gréement, elle est toujours en mesure d'accomplir sans naufrage, son dangereux périple. Et ceci nous mène au second aspect de l'optimiste salésien.