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maine à faire usage de l’'émulation et de cet éloge qu’on pourrait appeler
- comparatif. Mais il n’eût pas admis sans doute lacondamnation qu’en fera
Rousseau: (Qu'Emile, dira celui-ci, ne soit jamais amené à se comparer. Je noterais chaque année ses progrès, je les comparerais avec ceux des
années précédentes. . Ainsi je l’exciterais sans le rendre jaloux de
n'importe qui. Il désuerait se surpasser lui-même. Je ne vois aucun inconvénie: t à l'émulation où le moi joue le principal rôle. » C'est presque toujours de cet éloge absolu que se sert l’évêque de Genève.
3% Pascal dira : « Les enfants de Port-Royal, auxquels on ne donne point cet aiguillon d'envie et de gloire, tombent dans la nonchalance ». Cf. Pensées, Edition Brunschvicg, section II, 151.Et M. Brunschvicg rappelle à ce propos le conseil que Fontaine disait avoir reçu de M. de Saci : € Quand il y avait quelque bien dans quelqu'un de ces enfants il me conseillait toujours de n’en point parler et d’étouffer cela dans le secret : «Si Dieu y a mis quelque bien, disait-il, il l'en faut louer et
garder le silence, se contentant de lui en rendre dans le fond du cœur
sa reconnaissance ».
ds ds es propres à cela » , c ide de hr propres à leur inspirer le désir d’une réforme. Cet a - d'ailleurs, pris dans sa matérialité, n’est d’une app
facile que dans le système d'éducation artificielle Rousseau nous a fait la description. Pour que le rencontre ainsi de bons livres sous ses pas, il le fa
…. dans son Monastère, parce que Eee condi y sont analogues à celles qu'a imaginées Rousseau dan
est pas présent d'une présence réelle ne peut guère li liser que par analogie, c’est-à-dire en recourant à quelq histoire, allégorie ou parabole ?. Ce procédé didactique
RE
1 Leitre à MM Bourgeois, 9 octobre 1604t. XII, p. 337.
2 Saint FE rançois de Sales pourtant a su trouver le moyen d'app quer presque à la lettre son procédé, même avec des dirigés lointai Le 2 octobre 1609, adressant à à Me de la Forest un Re de
nouvelle edition et en enverray un autre a MM® vostre a. quand j'auray le loysir de luy escrire, sans faire semblant de rie:
Cf. t. XIV, p. 206. Dans ces simples mots : € sans faire semblant de rien », nous pouvons voir combien notre saint avait l'intention des méthodes qu'il pratiquait !
qui enseigne du haut d’une tribune mais un égal qui converse et fait appel à la collaboration. L'histoire ou la parabole, pour donner son fruit, exige du disciple un effort d'intelligence : il faut qu'il discerne la leçon et se l'applique à lui-même. Il ne passe à la décision qu'après un travail d’assimilation personnelle. Il ne reçoit pas l'impulsion du dehors. Il se la donne à lui-même du dedans. Sa liberté et sa dignité sont sauves.
On peut bien le dire, en terminant, toutes les voies indirectes, tous les cheminements secrets qui conduisent jusqu'au réduit central du cœur humain ont été connus de saint François de Sales. La pédagogie moderne peut trouver chez lui les lignes maîtresses et souvent tout le détail d’une méthode absolument respectueuse de la dignité humaine. M. Payot pourra s'élever contre (l'Eglise catholique qui conçoit comme suprême éducation des caractères l’asservissement à l’autorité sans contrôle » !, ce n’est là qu’un mot de polémiste. Nous n'avons pas ici à défendre l'Eglise catholique, mais nous pouvons rappeler, ce que nous avons, nous semble-t-1l, démontré, que l’un des plus hauts représentants du catholicisme, saint François de Sales, a fait, pour sa part, constamment appel au « contrôle » de son dirigé. Même quand il lui adresse un ordre dans toute la nudité d’une formule directe, 1l entend que cet ordre soit adapté aux cas concrets qui peuvent surgir à l'improviste. Îl n’exige en aucun cas cette passivité veule qui conduit à l’anéantissement de la personnalité. Il exige au contraire que l’obéissance soit intelligente et active, que le disciple comprenne l'enseignement proposé, et, l'ayant découvert en quelque sorte, se l'applique à soi-même en tenant toujours un compte exact des circonstances.
1 Revue philosophique, décembre 1899.