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cause. Je suis homme sans ceremonie. » : Cette définition est à retenir. L'évêque de Genève, qui savait être Prince dans ses fonctions d'évêque, était comme directeur un « homme sans ceremonie ». Il se faisait tout proche des âmes. Ayant pour ainsi dire, de naissance, toutes les grandeurs humaines et toutes les aristocraties, il les dépouillait au bénéfice de la paternité. Rien, dans son être physique et moral, de cette solennité héraldique qui écarte le fâcheux. Condescendant, gracieux avec dignité, tout « a la bonne foy », il se montrait toujours d’une courtoisie souriante et d'une élégante bonhomie. Et ce qu'il y avait en lui pourtant de fierté native se fondait dans cette simplicité voulue que lui inspirait le désir ardent de gagner les âmes à Dieu.
Jusqu'ici nous nous sommes à peu près abstenus de chercher à définir le caractère affectif de notre saint d'après sa correspondance avec M€ de Chantal. C'est que, de son propre aveu, cette correspondance est à part. Îl s'y est, dépassé lui-même dans la cordialité. I] n’eût pas approuvé qu'on fixât d'après cette catégorie de lettres les règles et le ton d'une méthode affective générale. Il avait ses raisons de défendre à sa Fille de communiquer au premier venu telle des lettres qu'il lui écrivait : « Je veux bien, que vous communiquies mes advis qui regardent vostre conscience avec vostre confesseur, mais non pas mes lettres qui sont un peu trop naïves et cordiales pour estre velies par des yeux autres que bien simples et respondans a mon intention toute franche et ronde en vostre endroit. » ? Mme de Chantal elle-même sentait qu'il y avait dans l'histoire de son amitié avec l’évêque de Genève quelque chose d'ineffable et de secret qu'il fallait craindre de
2 Lettre à Madame de Limojon, 28 juin 1605, t. XHI, p. 59 1 Lettre à la baronne de Chantal, 7 décembre 1604, t. XII, p. 399 Inédite avant l'édition d'Annecy.
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profaner en le divulguant. Quand on voulut, de son vivant publier les lettres de son « Bienheureux Père », elle eut un sursaut de pudeur inquiète. Avec son sens aigü des exigences mondaines en cette matière, elle prit peur ; elle sentit que ces lettres intimes allaient paraître au lecteur vulgaire, trop vibrantes de sollicitude affectueuse. Avec un frémissement d'émoi elle écrivit à la Mère de Blonay qui avait la charge ce cette publication : (Oh ! mon Dieu, ma tres chere Fille, jamais je ne me ferai a personne pour ce qui regarde les escrits de notre Bienheureux Père. Certes, je les verrai moi-même ; car, voyez-vous, je ressens fort de ce que l’on a trop laissé dans les Epîtres des paroles d'affection. Le monde n’est pas capable de l'incomparable pureté de la dilection de ce saint. »! Le monde, grâce à Dieu, s’est montré plus capable que ne le pensait la Mère de Chantal de comprendre et d'interpréter l'amitié qui se noua entre elle et l'évêque au cours de l'année 1604.
Presque tous ceux qui ont étudié cette divine histoire ?, l'ont fait avec un respect, une intelligence, dont on a
1 Sainte Jeanne de Chantal. Sa vie et ses œuvres. Paris, Plon. Lettre de 1625, t. V. des Œuvres, t. I des Lettres, p. 538.
2 Ils sont nombreux. Parmi les plus récentes études consacrées à cette amitié, citons celles de M. H. Bremond dans son Histoire littéraire du sentiment religieux, t. 1, ch. 111 et t. II, ch. vit, et celle de M. G. Fonsegrive dans la Revue de Paris, IT janvier 1912. Après une discussion assez oïseuse sur la nature du sentiment éprouvé par les deux saints, M. Fonsegrive a su conclure par ces considérations qui sont justes et belles. « Quelque chose manquerait à la gloire de notre espèce, oui vraiment, si de telles affections n'avaient jamais existé... [l y a entre les âmes des relations singulières dont elles seules jugent bien; il y a une pudeur de la tendresse, même la plus chaste, parce que les signes et les paroles peuvent s’interpréter de mille façons. Aux grossiers les sons n'arrivent que déformés par leurs oreilles grossières. Il n’y a que les êtres qu s'aiment pour entendre justement, pleinement, exactement, les paroles qu'ils s'adressent. Chaque couple d'âmes a son idiome. Malheureusement comme ce langage use lui-
même des mots ordinaires, tous le croient aussi bien entendre, et de là tant de contre-sens. »
malheureusement peu d'exemples. [ls ont senti qu'ils se trouvaient là devant un miracle de pureté. L'histoire en somme, même profane, a souscrit sans arrière-pensée à la confiante affirmation de l’évêque disant : « Cette affection est blanche plus que la neige, pure plus que le soleil : c'est pourquoy je luy ay laché les resnes. » : Ce ne fut qu'après avoir sévèrement éprouvé qu elle était « pure plus que le soleil » qu'il lui « lâcha les resnes ». Mais ce fut aussi pour une raison plus haute. Dans son union d'âme avec sainte Chantal il vit de bonne heure une volonté de Dieu.
Les ( resnes » — on ne l'a pas assez remarqué — il ne les avait pas lâchées tout d'abord. Non seulement il n'avait accepté de diriger la baronne que sous bénéfice d'inventaire et après de longues hésitations, ayant beaucoup étudié, réfléchi, prié, mais, comme l'a bien noté M Bremond, il avait laissé passer six mois avant de donner à son cœur hcence de s'épancher. C'est du fond de la Savoie, à des centames de kilomètres de Philothée demeurée à Lijon — daignons remarquer cet éloignement dans le temps et dans l’espace ! — que sont écrites ces lettres de feu où l'affection du saint évêque se déclare de plus en plus hbrement. Que s'est-il donc passé? Il s’est passé ceci, que, durant ces longs mois d'éloignement, le saint a reçu de Dijon d’admirables lettres qui lui ont révélé dans la petite veuve « claire-brune » dont il avait accepté en hésitant la direction, l’une des plus grandes âmes religieuses de tous les temps, une âme déjà marquée du signe sacré, vouée à la plus haute mystique. C'était une nouvelle Acarie qui passait sur son chemin. Allait-il encore la laisser s’éloigner? Il entrevoit les grandes choses que Dieu, par son entremise, peut faire avec cette âme héroïque, et peu à peu il s’abandonne, non sans contrôle, mais avec candeur, — une libre candeur que la littérature et les mœurs du temps nous aident à comprendre ; et c’est le cas de nous rappeler les chants lyriques de Dante et de Pétrarque, à l'âge précé-
1 Lettre à la baronne de Chantal, 1° août 1605, t. XIII, p. 84,
vous vous declarastes a moy de ne ne écrit-il, ce fut un lien admirable a mon ame pour cherir de plus en plus la vostre qui me fit vous escrire que 4 Dieu m'avoit donné a vous, ne croyant pas qu'il se peust { plus rien adjouster a l'affection que je sentois en mon : “esprit, et sur tout en priant Dieu pour vous. Mays mainte- … nant, ma chere Fille, il y est survenu une certaine qualité nouvelle, qui ne se peut nommer, ce me semble ; mais … seulement son effet est une grande suavité interieure que j'ay a vous souhaitter la perfection de l'amour de Dieu et les autres benedictions spirituelles. » ? Ainsi donc, une « certaine qualité nouvelle » est survenue, dont on n'ose | encore, par discrétion et par égard pour la modestie de . Philothée, préciser la nature. se Mais c'est de cette qualité nouvelle, its grâce i insigne dont Dieu sans doute favorise la jeune veuve, que : s’autorise l’é évêque de Genève pour ne plus contraindre son langage. C'est à cette grâce que va son admiration et d'elle que vient son affection. C’est elle encore qui lui procure | cette ( grande suavité spirituelle » dont il parle avec une | sorte de ravissement étonné. Cette joie sainte que Dieu lui | envoie ouvre en lui la source du lyrisme, parcequ'elleluiest un principe de progrès spirituel. « Non, dit-il avec élan, je . n'adjouste pas un seul brin a la verité, je parle devant le Dieu de mon cœur et du vostre. Chaque affection a sa | particuliere difference d'avec les autres ; celle que je vous ay a une certaine particularité qui me console infiniment, et, pour dire tout, qui m'est extremement prouñtable. Tenes cela pour une tres veritable verité et n’en doutés : plus. Je n'en voulois pas tant dire mais un mot tire l’autre » ? |
| 1 Lettre à la baronne de Chantal, 14 octobre 1604, t. XII, p. 354. | Cette phrase, d’un sens très clair, est d’une construction d'ffcile. | Elle est plus conforme à la logique du sentiment qu’à la logique de la. + raison et de la grammaire.
* Lettre à la baronne de Chantal, 14 octobre 1604, t. XIE, p.354.
Cote union = . qe de sa source 4 dans son *:: objet, et voilà qui nous explique la vivacité des effusions
qui vont suivre!
Le saint n’a pas l'habitude de barlérs à la légère. Oiand Él dit : cette affection m'est extrêmement profitable, il donne aux mots tout leur sens. C’est la bienfaisance de cette mutuelle amitié qui l’enchante. Il va revenir maintes fois | sur ce thème : « Cette affection me semble une rosée, laquelle destrempe mon cœur sans bruit et sans coup. Et si vous voules que je vous die tout, elle n’agissoit pas si souëfvement au commencement que Dieu me l'envoya (car c'est luy sans doute) comme elle fait maintenant qu'elle est infiniment forte, et, ce me semble, tous-jours plus forte, quoy que sans secousse ni impetuosité. C'est trop dire sur un sujet dont je ne voulois rien dire. » : L'année suivante il dit encore : « Je m'en sens une suavité … extraordinaire... J'ayme cet amour incomparablement. Il est fort, imphiable et sans mesure ni reserve, mais doux, facile, tout pur, tout tranquille ; bref, si je ne me trompe, tout en Dieu. Pourquoy donques ne l'aymerois-je pas? Mais ou vay-je? Si ne rayeray-je pas ces paroles ; elles sont trop veritables et hors de danger. Dieu, qui void les intimes replis de mon cœur, sçait qu'il n’y arien en ceci que pour luy et selon luy, sans lequel je veux, moyennant sa grâce, n'estre rien a personne et que nul ne me soit rien ; “ mais en luy je veux, non seulement garder, mais je veux nourrir, et bien tendrement, cette unique affection. Mais, je le confesse, mon esprit n’avoit pas congé de s’espancher comme cela, il s’est eschappé ; il luy faut pardonner pour cette fois, a la charge qu'il n’en dira plus mot.»° Il s’«échappera » encore, Dieu merci,et nous le lui pardonnerons bien volontiers. Pendant douze belles années, de 1604 à 1616, s'échangeront entre eux les témoignages d’une pure affection.
Mais après douze ans de cette union spirituelle sans
1 Lettre à la baronne de Chantal, 8 juin 1606, t. XIII, pp. 182-183. 2 Lettre à la baronne de Chantal, 7 juillet 1607, t. XII, p. 295.
nons la de :l lui de Lies renoncer à cette « unit qu'ils avaient établie entre eux, par une sorte de pacte saint, pour se porter à Dieu. L'événement se produis pendant une retraite qu'il fit vers le milieu de 1616. La maladie venait de le toucher durement. Il s'était afferr encore dans le détachement des choses terrestres. Du 1 ni au 21 mai, il écrit donc à la Mère de Chantal coup sur coup cinq lettres, graves, sévères et solennelles comme un testament, où se formule progressivement son appel au renoncement total. L'amour de Dieu obtenu, l'affe tion de l’homme, simple moyen en vue de cette fin, v se retirer | = Contemplons un instant ce drame du dépouillement qui donne tout leur sens aux scènes de doux épanchement que nous avons rappelées. Apprenons de notre saint comment, après avoir parlé avec la tendresse d'une mère ou d'une «( nourrice », 1l faut savoir s'exprimer avec la rude austérité d'un Saint-Cyran : « Quand sera-ce . demande-t-il soudain à la pauvre Mère de Chantal que ce coup inattendu va toucher à fond, quand sera-ce que ct. amour-propre ne desirera plus les présences, les tesmoi- + __ gnages et significations exterieures, ains demeurera plei- . nement assouvi de l’invariable et immuable assurance que * Dieu luy donne de sa perpetuité? Que peut ajouter. la presence a un amour que Dieu a fait, soustient et maintient? » : Ne croirait-on pas entendre ici l'impérieux et ni s dur monitoire d'un Epictète, ou bien ne se croirait-on pes 4 soudain transporté dans le parloir nu de Port-Royal, où
1 Lettre à la Mère de Chantal, 15-17 mai 1616,t. XVII p.213 à
M. de Saint-Cyran, en surplis, donne ses avertissements à quelque pénitente transie? La Mère de Chantal reçoit le coup en plein cœur :.
Le lendemain, 18 mai, poursuivant son œuvre crucifiante, le saint lui mande : « Encor, ne faut-il pas, s'il vous plaist, ma tres chere Mere, prendre aucune nourrice : ains, comme vous voyes, il faut quitter celle que neanmoins vous aures, et demeurer comme une pauvre petite chetifve creature devant le throsne de la misericorde de Dieu, et demeurer toute nue, sans demander jamais ni action ni affection quelconque pour la creature,.… sans vous amuser a considerer que ce sera moy qui vous serviray de nourrice. »? Et le lendemain, 19 mai, sentant la victime en état d’acceptation parfaite, 1l achève l'étrange sacrifice, et déjà même il entonne l'hymne d'action de grâces pour la renonciation obtenue : (Que béni soit le Seigneur qui vous a despouillee.. Perseverés en cette nudité... Que seulement vous chanties, si vous pouves, doucement le cantique de vostre nudité. » ? Enfin, devant l'héroïque résignation de la sainte, il définit maintenant le statut de séparation qui va désormais les régir. I] prend ses distances. Il n'interviendra plus que rarement dans la vie profonde de son € unique fille ». Il la laissera volontiers marcher seule. Ils seront des années sans avoir un vrai colloque d’âme à âme. «Nostre Seigneur vous ayme, ma Mere, lui écrit-il le 21 mai ; il vous veut toute sienne. N'ayés plus d'autre sein pour vous reposer
1 Mais elle donne pourtant un assentiment immédiat à son « Bienheureux Père », laissant échapper seulement ce cri de souffrance et d’étonnement : « Mon Dieu, mon vrai Père, que le rasoir a pénétré avant |... O Dieu ! qu'il est aisé de quitter ce qui est autour de nous ! Mais quitter sa peau, sa chair, ses os, et pénétrer dans l’intime de la moelle, qui est, ce me semble, ce que nous avons fait, c’est une chose grande, difficile et impossible, sinon à la grâce de Dieu ». Cf. Vie et Œuvres de sainte Jeanne de Chantal. Panis, Plon, Œuvres, t. IV, et Lettres, t. I, pp. 115-117.
3 Lettre à la Mère de Chantal, 18 mai 1616, t. XVII, p. 215.
8 Lettre à la Mère de Chantal, 19 mai 1616, t. XVII, p. 217.
que ie sien. Ge rien ne soit ue vo deux. Ne plus à l'amitié ni à l'unité que Dieu a faite entre nous. 1.
Ïl se retirait en partie de la vie de la sainte, après 5 s'y être
introduit de tout lui-même. Îl n'aimait pas moins, mais
il prenait soin de réduire les signes de son affection. N'allons pas nous méprendre pourtant et penser qu il
parlera désormais sur un ton sec et dur à sa chère Fille.
Ce n'est pas dans sa manière. L'effort de renoncement obtenu, l'évêque de Genève parle à la Mère de Chantal, comme à toutes ses filles, sur un ton d’évidente tendresse. Ïl sème au cours des lettres qu'il lui écrit des ( ma tres chère Mère » dont la répétition est significative. [Il lui arrive même encore de rappeler « l'unité » que Dieu fit
jadis entre eux et qu'ils ont rompue par amour ?. Mais l'accent de ses lettres à M€ de Chantal cesse d'être à part,
il s'accorde au ton général de sa correspondance ordinaire. C'est à cette tonalité générale, le plus souvent chaleureuse, g' P
répétons-le, qu'il nous faut être attentifs, si nous voulons
dégager de ce chapitre une utile et sage leçon. + + %
Un directeur d'esprit salésien doit donc, à n'en pas douter, non seulement aimer les âmes mais leur faire sentir qu'il les aime’. Mais quelle prudence n'est pas nécessaire dans l'application d'un tel principe ! Ce serait présomption et folie de la part de qui n’est point saint François de Sales d'employer tels quels, sans les transposer,
1 Lettre à la Mère de Chantal, 21 mai 1616, t. XVII, p. 218. 2 Cf. notamment la Lettre du t. XX, p. 216.
# Saint François de Sales disait de Mme Bourgeois : C'est « un
esprit qui ne peut estre conduit qu avec amour et confan ce: confance.. tousjours nourrie de nouvelles et continuelles demonstrations d'affec-
tion. » Lettre à la baronne de Chantal, 11 mars 1610, t. XIV, p. 265.
Cette confiance toujours nourrie de démonstrations d'affection, :]
voulait qu’elle fût accordée, dans une mesure variable, à toutes les
âmes !
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Rés ons
x les termes mêmes de son pres affectif. Chaque é époque a
son accent. Il ne peut pas être loisible au premier jouven-
ceau qui s'impatronise dans la direction des âmes de s’exprimer, en tous temps, sur le ton de cordialité tendre que prenait, il y a trois siècles, un grand é évêque qui était un grand saint et que tout le monde tenait pour tel. C'est,
au surplus, le lieu de se souvenir que l’évêque de Genève exige du directeur spirituel une sagesse, une vertu, qui n'appartiennent qu'au petit nombre. Avant de recourir . à la manière caressante de ce maître, manière dont la puissance pratique n'est pas douteuse, il faut s'être éprouvé sévèrement soi-même, il faut s'être élevé notoirement sur les cîmes, s'être mis par l’ascèse au-dessus du péril et du soupçon ; il faut en un mot avoir appris à maîtriser son cœur et à gouverner ses adjectifs.
Ces réserves, il n'était pas seulement dans l'intention du saint de les faire ; elles sontexpressément contenues dans le chapitre de l’Introduction où l'on énumère les qualités du bon directeur. Ce bon directeur, qui ne peut être choisi qu'entre mille et dix mille, doit régler son vocabulaire et son accent sur les exigences légitimes du goût public et sur les préjugés mêmes de chaque époque. Il évite de donner prise à la malveillance et à la calomnie. Il estime que le directeur d’âmes, comme la femme de César, ne doit pas être effleuré même d’un soupçon. Il n’aime et ne se montre aimant que dans la stricte mesure où cet appas d'affection est nécessaire à l'âme pour qu’elle donne son effort libérateur. Dès que le sucre et le miel des enfants ne font plus besoin, il veille à réduire son langage et à contraindre son cœur.
Selon le mot de Corneille parlant de ses héros : il n'aime
- jamais en un point où il ne puisse n’aimer pas. À l'exemple
. de saint François de Sales, il garde son âme libre, ou sait
… Ja dégager sur l’heure dès qu'il n’est plus opportun qu'elle soit liée !
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