CHAPITRE X
Conversion globale du Chablais
URANT l'été 97, le prévôt était devenu, à son insu, évêque.
Monseigneur de Granier se voyait vieux; au printemps il avait cru mourir ^; il sentait le besoin d'un coadjuteur qui, s'il le fallait, soutiendrait seul toute sa charge. Pour ce poste son neveu, M . de Ghissé, vicaire général, fort savant, et plus ancien en prêtrise que le prévôt, semblait tout désigné ^\ mais l'évêque songeait que François l'emportait sur lui par les talents, par les vertus... Il consulta « les plus apparens, dévotz et sensez » de son clergé qui furent tous de son avis; M. de Ghissé tout le premier. Alors, il s'en ouvrit au prévôt qui rejeta loin cet honneur. En vain, l'évêque « remua tous les expédiens qui luy entrèrent en imagination » ^. François ne voulait rien entendre : — « Vous avez un grand nombre de prêtres qui porteront mieux ceste charge ».
Monseigneur vit en ce refus une autre preuve que son choix était bon et il adressa sa requête au souverain. Or, au printemps, le Duc, ayant su que l'évêque se mourait, avait fait choix, pour le remplacer, du prévôt *. Il signa donc aussitôt les lettres patentes qui présentaient (( Nostre très cher et bien aymé orateur Messire