A. XI, 291. — ■' O. 66. — 3 G. I
François de Sales » pour éveque coadjuteur de Genève ^,
Il semble que Monseigneur n'osa pas sur-le-champ montrer ces lettres au prévôt. Il mit en branle M. et ]\Ime (Je Boisy, tous les parents et amis de François, car « il n'y avoit personne qui ne favorisast ceste cause, Luy seul se bailloit de l'empeschement et estoit constant au refus » ^.
Enfm, au début de l'automne, un jour que le prévôt se trouvait à Sales, l'évêque lui envoya son premier aumônier, M. Critain, auquel il avait bien fait la leçon. L'aumônier, ce soir-là, ne dit point ce qui l'amenait, mais, le lendemain de bon matin, il alla chercher François pour réciter l'Office; et tous deux avec leurs bréviaires descendirent à la galerie.
Elle était longue de cent pieds; au fond, deux grands rideaux de serge verte passementés de rouge cachaient l'entrée de la chapelle ^; à l'autre bout, des armoiries sculptées ornaient la porte de la grande salle. Il y avait d'un côté « des cartes de géographie et des paysages en belle détrempe » sur toute la longueur du mur; au milieu une tournelle, avançant au dehors et vitrée, laissait voir les jardins, les champs et les montagnes. L'autre côté était tout ouvert; par là, entre douze colonnes de chêne tournoyées, on voyait la cour intérieure plantée de rosiers et de romarins.
Ce fut dans cette galerie où tous deux faisaient les cent pas que M. Critain livra bataille *. — « Monsieur, dit-il, vous ne sçavez pas à quel subject je suis venu icy? »
Et, comme François disait que non : — « Monseigneur m'a envoyé exprès à fm que je luy r'apporte ce que vous voudrez. Il vous a destiné pour son coadjuteur; il vous en a parlé fort souvent; et vous avez toujours tesmoigné ne le vouloir pas : certes c'est ce qui